Le Programme mondial pour les petits producteurs agroécologiques et la transformation durable des systèmes alimentaires (GP-SAEP) a engagé, du 8 au 10 juillet 2026, à Koudougou, sa stratégie de sortie au Burkina Faso. En marge des travaux, quatre producteurs champions, spécialisés dans la production de bio-solutions, ont reçu des chèques d'un montant global de 15,6 millions F CFA.
Après plusieurs années d’intervention auprès des producteurs agroécologiques burkinabè, le Programme mondial pour les petits producteurs agroécologiques et la transformation durable des systèmes alimentaires (GP-SAEP) amorce sa phase de sortie. L’enjeu n’est plus seulement d’évaluer les résultats obtenus, mais de garantir leur continuité à travers une stratégie de pérennisation portée par les bénéficiaires, les collectivités territoriales, les services techniques et les partenaires du consortium. Pendant trois jours, près de 95 participants issus des organisations paysannes, des structures publiques, des ONG et des partenaires techniques ont travaillé à définir les mécanismes devant assurer la pérennité des acquis du programme.
Mis en œuvre au Burkina Faso par un consortium conduit par Autre Terre, en collaboration avec APIL, ARFA, CNABio, IRSAT, BIOPROTECT, CEAS Burkina, Association Le Baobab et Yolse Tuuma, le GP-SAEP a enregistré plusieurs résultats majeurs. Le programme a permis la création de cinq coopératives de production de bio-intrants, cinq Coopératives d'utilisation de matériel agricole (CUMA), trois pôles d'entreprises agroécologiques, le renforcement des filières semencières, ainsi que la formation de nombreux formateurs endogènes.
Pour le Directeur régional de l'Agriculture, de l'Eau, des Ressources animales et halieutiques, Antoine Zoma, cette rencontre constitue une étape importante pour assurer la durabilité des résultats obtenus. « Nous sommes réunis pour voir ce que nous avons pu réaliser, mais surtout ce que nous pouvons pérenniser afin que ces actions continuent de bénéficier durablement aux groupes cibles de la région du Nando », a-t-il confié.
Faire durer les investissements au-delà du projet
Pour y arriver, il a invité les bénéficiaires à préserver les acquis du programme en faisant un usage responsable des équipements et des techniques mises à leur disposition. « Nous appelons à une bonne gestion du matériel, à l'application des techniques apprises et à une utilisation rationnelle des ressources afin d'améliorer durablement la production. Les producteurs qui n'ont pas directement bénéficié du projet doivent pouvoir en profiter indirectement grâce à la diffusion des bonnes pratiques », a-t-il insisté.
Pour la coordonnatrice du consortium GP-SAEP au sein de l'ONG Autre Terre, Léa Ouédraogo, la réussite d'un projet ne se mesure pas uniquement aux activités réalisées pendant sa mise en œuvre. « Notre intérêt, c'est que tous les investissements réalisés, qu'il s'agisse des équipements ou des différentes dotations, puissent profiter durablement aux bénéficiaires, bien au-delà de la durée du projet », a-t-elle soutenu. Selon elle, le véritable défi consiste désormais à transférer progressivement les responsabilités aux acteurs locaux.
La Coordonnatrice du consortium GP-SAEP au sein de l'ONG Autre Terre, Léa Ouédraogo (gauche) : « notre intérêt est que tous les investissements réalisés, qu'il s'agisse des équipements ou des dotations, puissent profiter durablement aux bénéficiaires, bien au-delà de la durée du projet ».
« Ce qui compte vraiment, c'est la capacité du projet à générer des changements qui perdurent après sa clôture. Il ne s'agit pas de mettre un terme aux actions engagées, mais d'assurer leur continuité grâce à une appropriation renforcée par les bénéficiaires, les collectivités territoriales et les services techniques », a-t-elle poursuivi. Mme Ouédraogo a rappelé que la stratégie de sortie devra répondre à plusieurs enjeux : maintenir les services développés, garantir le fonctionnement des coopératives et des CUMA, consolider les partenariats existants et mobiliser de nouvelles ressources pour poursuivre les actions.
Une feuille de route pour consolider les acquis
Pendant trois jours, les 95 participants à l'atelier ont travaillé sur les dimensions financière, sociale, institutionnelle, technique et environnementale de la durabilité du programme. Les échanges devraient aboutir à une stratégie de sortie, une cartographie des responsabilités post-projet, ainsi qu'une feuille de route destinée à assurer la continuité des acquis. Moment fort de la rencontre, quatre producteurs champions, spécialisés dans la production de bio-solutions, ont reçu des chèques d'un montant global de 15,6 millions F CFA. Cette distinction vise à encourager les producteurs les plus performants, à renforcer l'adoption des pratiques agroécologiques et à promouvoir la diffusion des innovations auprès des autres exploitants.
Les participants ont unanimement salué la tenue de ce cadre de réflexion collective sur l’après-projet.
Les participants ont unanimement salué la tenue de cet atelier, estimant qu'il constitue une étape déterminante pour assurer la continuité des actions engagées et préserver les acquis du projet au bénéfice des communautés rurales. Pour eux, la réflexion collective autour d'une stratégie de sortie est essentielle afin de garantir que les investissements réalisés continuent de produire des effets durables au-delà de la clôture du programme. À travers cette démarche, le GP-SAEP entend démontrer que l'agroécologie constitue non seulement un levier de préservation des ressources naturelles, mais aussi un véritable modèle de création de valeur, de résilience économique et d'amélioration durable des revenus des producteurs burkinabè.
Estelle KONKOBO




