Quatre mois après leur lancement, les emprunts obligataires TPBF Diaspora Bonds 6,75 %-2026-2031 et TPBF Diaspora Bonds 6,85 %-2026-2033 ont été officiellement admis à la cote du compartiment obligataire de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), ce jeudi 3 septembre 2026 à Ouagadougou. Une étape qui ouvre le marché secondaire à une opération ayant permis de mobiliser 151,5 milliards de FCFA, bien au-delà de l'objectif initial de 125 milliards F CFA, soit un taux de couverture de 121,2 %.
Le compartiment obligataire de la BRVM enregistre deux nouvelles lignes à compter de ce jeudi 3 septembre 2026. Les titres émis dans le cadre de l'Emprunt Patriotique burkinabè, baptisé « Diaspora Bonds », s’y négocient désormais sous les symboles TPBF.O26 et TPBF.O27, respectivement pour la tranche à 6,75 % arrivant à échéance en 2031 et celle à 6,85 % arrivant à échéance en 2033.
Dès l'ouverture du marché ce jeudi, 200 titres ont changé de mains au prix de 10 000 FCFA l'unité, pour une valeur totale de 2 millions de F CFA donnant le coup d'envoi de la vie boursière de ces obligations. L'admission à la cote change la donne pour les détenteurs de titres. Jusqu'ici immobilisées, les obligations peuvent désormais être cédées avant échéance à d'autres investisseurs, ou conservées en portefeuille selon les besoins de liquidité de chaque souscripteur.
C'est précisément l'argument mis en avant lors du lancement de l'opération par le Directeur général de la Société burkinabè d'intermédiation financière (SBIF), Alexis Lourgo, chef de file de l'opération, qui décrivait des titres liquides et négociables sur le marché secondaire de la BRVM, adossés à un mécanisme de sécurisation impliquant le Trésor public et la BCEAO.
L'opération, lancée le 6 mai 2026 par le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, visait initialement 125 milliards F CFA. Elle s'est finalement soldée par une collecte de 151,5 milliards FCFA auprès de la diaspora burkinabè, soit un taux de couverture de 121,2 %, confirmant ainsi l'appétit des Burkinabè de l'extérieur pour cet instrument présenté comme un pont entre la Nation et ses fils et filles résidant hors du pays. Conçu comme un « emprunt patriote », le produit combine deux maturités, 5 et 7 ans, pour un prix unitaire de 10 000 FCFA.
Pour le Directeur Général de la BRVM, Dr Edoh Kossi Amenounvé, au-delà des chiffres, cette Diaspora Bonds burkinabè a une portée stratégique. « Ces émissions vont au-delà d’une simple opération de levée de ressources et consacrent un choix stratégique : celui de mobiliser l’épargne de la diaspora au service du financement du Burkina Faso, par le Marché Financier Régional de l’UEMOA », a-t-il relevé. Au-delà du cas isolé du pays des hommes intègres, cette opération témoigne du potentiel financier dont dispose le continent africain, à travers notamment la mobilisation de l’épargne de sa diaspora au profit de l’investissement productif et contribuer à un financement endogène de son développement.
Dans la même veine, le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique du Burkina Faso, Patindé Jean Yves Belem, voit plus qu’une performance dans cette opération. « Ce chiffre n’est pas qu’une performance financière. Il est un choix de confiance », a-t-il souligné. Autrement dit, cette levée de fonds est une réponse éloquente de la Diaspora burkinabè à l’appel de la mère Patrie, en faisant le choix de placer son épargne au service de son pays.
Pour Vista Group Holding, arrangeur de l’opération à travers Vista Bank Burkina, cette opération a permis de créer un lien direct entre la diaspora, les marchés financiers et les projets de développement du Burkina Faso.
Des financements déjà engagés dans l'économie réelle
Preuve de cet impact de la mobilisation de la diaspora, le 6 juillet dernier, le ministre Nacanabo avait signé quatre conventions de financement totalisant 85 milliards FCFA, adossées aux ressources des Diaspora Bonds.
La nouvelle société publique, CIM SAHEL a ainsi reçu 15 milliards FCFA pour renforcer la production nationale de ciment et réduire la dépendance du pays aux importations, tandis que SN BRAFASO a obtenu 30 milliards FCFA pour la construction d’une nouvelle unité industrielle à Bobo-Dioulasso, appelée à créer des emplois dans la capitale économique. La Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB) a, elle, bénéficié de deux enveloppes de 20 milliards FCFA chacune, destinées à la remise en exploitation de la mine de Perkoa, fermée depuis l'éboulement de 2022, et à la relance du projet minier de Taparko.
Ces financements illustrent la philosophie affichée dès le lancement de l'opération, celle de transformer l'épargne de la diaspora en investissements structurants dans les infrastructures, l'énergie, l'industrie et l'immobilier, plutôt qu'en simples transferts de consommation.
Pour la BRVM, l’ambition est de construire une expérience d’investissement qui rapproche davantage les investisseurs de la diaspora des produits financiers de l’UEMOA. Et cette volonté est bien inscrite dans sa vision 2030, articulée autour de cinq grandes priorités : la transformation technologique, le développement de nouveaux produits financiers, la promotion d’une finance durable et inclusive, l’approfondissement du marché et le renforcement de l’éducation financière.
Le succès de cette opération intervient dans un contexte où la première bourse régionale au monde poursuit sa dynamique de croissance, avec une capitalisation boursière globale établie à 24 781,3 milliards F CFA et une progression de 25,26 % de l’indice BRVM Composite. En août 2026, la capitalisation du marché des actions a franchi le seuil de 20 000 milliards FCFA, et celle du compartiment obligataire affiche 12 600 milliards FCFA.
La cérémonie de première cotation s'est tenue en présence du Directeur général du Trésor public burkinabè, Jean Yves Belem, des responsables des syndicats de placement ainsi que des dirigeants de la BRVM, qui scellent ainsi l'entrée de l'Emprunt Patriotique burkinabè dans la nouvelle phase de son existence en tant que titre coté, vivant sur le marché financier régional.
Mouni N’GOLO




