La 3e édition du Forum international sur l’investissement boursier (FIIB) a officiellement ouvert ses portes, ce mercredi 25 février 2026, à Ouagadougou, sous le thème : « Innover pour attirer : repenser les marchés boursiers africains à l’ère de la finance numérique ». Portée par la Société africaine d'ingénierie et d'intermédiation financière (SA2IF), le forum va réunir pendant 48 heures autorités publiques, régulateurs, experts et investisseurs. A travers des panels, de masterclass, des échanges et partages d’expériences, ils auront à identifier des solutions technologiques, juridiques, structurelles capables d’améliorer la liquidité, l’attractivité et la compétitivité des places financières africaines.
Après deux premières éditions marquées par un diagnostic sans complaisance des marchés financiers africains, le 3e Forum international sur l’investissement boursier (FIIB), organisé par la Société africaine d'ingénierie et d'intermédiation financière (SA2IF), s’inscrit dans une dynamique de recherche de solutions appropriées aux défis liés à la faiblesse de la culture boursière des populations, au déficit de liquidité, à la fragmentation des marchés, à l’accès limité des PME aux capitaux, à la diffusion insuffisante de l’information boursière. Pour ce faire, la présente édition du FIIB réunit les 25 et 26 février 2026, à Ouagadougou, investisseurs, intermédiaires, pouvoirs publics, régulateurs, experts autour du thème : « Innover pour attirer : repenser les marchés boursiers africains à l’ère de la finance numérique ».
L’ambition affichée est claire : faire du marché boursier régional voire africain un espace financier modernisé, capable de mobiliser l’épargne locale et internationale dans un environnement numérique en constante mutation. Durant ces 48 heures du FIIB 2026, les travaux vont s’articuler autour de quatre panels thématiques portant sur : « produits financiers innovants : ETF, sukuk, produits dérivés et titrisation » ; « FinTech et bourse : comment la technologie transforme les pratiques d’investissement ? » ; « Améliorer la liquidité des marchés : quelles solutions innovantes ? » ; « marketing boursier : Comment attirer davantage d’investisseurs étrangers ? ».
Le Président-Directeur général de la SA2IF, Dr Constantin Dabiré : « Ce forum est principalement un lieu de rencontre, de réflexion, d’échange et d’inspiration ».
A cela s’ajoutent deux masterclass sur : « Réinviter la bourse africaine : quelles innovations numériques et quels produits financiers pour renforcer son attractivité », et « Du forum à l’emploi, transformer une rencontre en opportunité professionnelle ».
Le marché financier africain, levier stratégique de développement
Pour le Président Directeur général (PDG) de la SA2IF, Dr Constantin Dabiré, le thème de la présente édition se veut « un appel à l’action », à l’effet de conter les maux qui minent le développement des marchés boursiers africains. « C’est dans une dynamique collective que nous allons faire avancer nos marchés, bâtir un marché financier solide, prospère pour l’Afrique en général, et pour notre région en particulier », a-t-il souligné. Et la vocation du FIIB d’être le creuset de cette transformation durable et profonde des marchés africains. « Ce forum est bien plus qu’un cadre d’échange. Il est un espace de réflexion stratégique, un laboratoire d’idées, un carrefour d’inspiration. C’est ici que se dessinent les marchés de demain », a-t-il souligné.
Le message de l’ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, Damo Justin Barro, transmis par le président du comité d’organisation, Lassina Ki, a mis l’accent sur le rôle systémique des marchés financiers. Selon lui, ils constituent un levier stratégique incontournable pour le développement économique et social du continent.
Le Président du comité d’organisation du FIIB, Lancina Ki : « Le FIIB se veut un espace de réflexion stratégique et de construction de solutions adaptées à nos réalités africaines ».
Et en tant qu’espace de réflexion stratégique, d'apprentissage collectif et de construction de solutions adaptées à nos réalités africaines, ce forum contribue à renforcer ce rôle essentiel de la bourse et à soigner les stigmates de déficits structurels qu’elle porte encore mais aussi de tirer profit de son immense potentiel, et des opportunités qu’offre le numérique.
L’appel à l’initiative
Et la vision portée par la SA2IF, qui est de contribuer activement à la promotion de l’investissement boursier et de l’éducation financière, ne peut se réaliser sans l’engagement de tous. « C’est dans cette intelligence collective et l’innovation partagée que se dessineront les marchés financiers africains de demain », a-t-il conclu. Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a, pour sa part, souligner le rôle des marchés financiers dans la construction de la souveraineté économique et financière du continent. « L’Afrique n’est pas condamnée à rester spectatrice des flux financiers du monde. Elle est appelée à en devenir l’un des centres du capital », a-t-il indiqué.
Le Ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, Dr Aboubakar Nacanabo : « L’Afrique n’est pas condamnée à rester spectatrice des flux financiers mondiaux. Elle est appelée à en devenir l’un des centres de capital ».
Évoquant les mutations technologiques, il a affirmé que la révolution numérique ne frappe pas à la porte des marchés financiers africains, elle est déjà là. Car l’intelligence artificielle, la fintech, la blockchain, les big data, et les plateformes digitales transforment, structurent au quotidien la mobilisation de l’épargne et l’évaluation des risques. « Les capitaux circulent à la vitesse de la lumière, les marchés s’unifient, les frontières financières s’effacent. Pendant que certains hésitent, d’autres innovent. La véritable question n’est plus de savoir si l’Afrique peut suivre, mais si nous sommes prêts à prendre l’initiative », a-t-il laissé entendre.
Sortir de la dépendance financière
Pour lui, le développement des marchés financiers africains passe par des mutations profondes et une intégration régionale renforcée. « Nous devons interconnecter nos bourses, harmoniser nos réglementations et virtualiser nos infrastructures technologiques, créer des produits financiers adaptés à nos réalités africaines ». C’est en cela que l’Afrique parviendra à autofinancer son développement. « Il est temps que l’épargne africaine finance l’Afrique, que les capitaux africains irriguent nos infrastructures, nos industries, nos exploitations agricoles, nos start-ups », a été on ne peut plus clair le ministre Nacanabo.
Acteurs du marché financier, experts, régulateurs et investisseurs prennent part à cette édition du FIIB consacrée à l’innovation et à l’attractivité des marchés boursiers africains.
Bâtir un marché financier dynamique, a-t-il poursuivi, n’est pas une fin en soi ; c’est un instrument au service de l’industrialisation, de la transformation agricole, de la transition énergétique, de l’économie verte et du financement des PME. Mais au-delà des cadres institutionnels, chaque acteur a sa part de responsabilité dans l’édification des marchés financiers solides. Dr Nacaanbo a salué l’initiative de ce Forum, porté par la SA2IF, et qui est en phase avec la vision du gouvernement burkinabè de bâtir une économie résiliente, inclusive et souveraine où l’innovation financière devient un levier central de transformation structurelle.
Estelle KONKOBO






