Le Gouvernement burkinabè a acté la création d’un groupe bancaire public dénommée YENNENGA Holding Burkina Faso, en abrégé « YH-BF », le jeudi 12 mars 2026. La nouvelle société va regrouper les trois banques publiques à savoir la Banque commerciale du Burkina (BCB), la Banque agricole du Faso (BADF) et la Banque postale du Burkina Faso (BPBF) et la société nationale de réassurances, Faso Réassurances (Faso-RE).
Les autorités burkinabè ont opté pour l’optimisation de la gestion des capitaux de l’Etat dans le secteur bancaire et assurantiel. S’appuyant sur un état des lieux précis des actifs publics qui révèle une dissémination dans plusieurs entités, le gouvernement a décidé de les réunir sous une gestion unique, via la création d’un groupe bancaire public, dénommée YENNENGA Holding Burkina Faso, d’un capital de 10 milliards F CFA. Le décret portant création de ce groupe financier a été adopté ce 12 mars 2026 en Conseil des ministres.
Selon le gouvernement, le Burkina Faso et ses démembrements détiennent actuellement des participations à hauteur de 28 % dans 23 entités financières, réparties comme suit : 15 banques, 4 sociétés d’assurance et de réassurance, une institution de microfinance et 3 autres structures financières. Ces actifs stratégiques seront donc regroupés sous la bannière unique de YENNENGA Holding en vue d’instaurer une « plus grande cohérence dans l’investissement des capitaux publics ».
Dans un premier temps, la holding YENNENGA couvrira quatre structures où la participation publique est majoritaire. Il s’agit de trois banques, à savoir la Banque commerciale du Burkina (BCB), la Banque agricole du Faso (BADF) et la Banque Postale du Burkina Faso (BPBF), et la société nationale de de réassurances, Faso réassurances.
Un géant financier de plus de 90 milliards de F CFA
L'ensemble des participations de l'État dans ces structures est estimé à 91,67 % de leur capital social, ce qui représente une valeur globale de 90, 09 milliards F CFA.
La création de YENNENGA Holding poursuit trois objectifs fondamentaux : la centralisation et la rationalisation de la gestion des participations de l'État dans le secteur financier, le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la performance globale des entreprises financières publiques et l’optimisation de la contribution de ces entreprises à la croissance économique nationale et à l'augmentation des recettes publiques.
A termes, elle va permettre de mieux gérer les ressources publiques, notamment les ressources détenues par les banques, et surtout de faire en sorte que les ressources des banques puissent servir à financer des projets structurants de l'État, dans le domaine de l'industrie et dans d'autres secteurs stratégiques, a indiqué le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo. Et tout devrait contribuer à un arbitrage stratégique des actions de l'État dans ces entités.
La Holding va également permettre de mutualiser certaines actions des filiales notamment le développement des systèmes d'information, la gestion de la liquidité bancaire, l'action commerciale et certaines plateformes de monétique. Cela va contribuer à un arbitrage stratégique des actions de l'État dans ces entités.
Pour ce qui est du capital social de la Holding, il est porté à 51% par l'État et 49% par ses démembrements à savoir :
- la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) : 10% ;
- la Caisse autonome des retraites des fonctionnaires (CARFO) : 10% ;
- la Loterie Nationale Burkinabè (LONAB) : 10% ;
- le Fonds Burkinabè de Développement Economique Et Social (FBDES) : 5% ;
- la Société Nationale Burkinabè d’Hydrocarbure (SONABHY) : 4%.
Cette restructuration marque une étape décisive dans la volonté des autorités de transition de mieux piloter les leviers financiers de l'État pour soutenir le développement souverain du pays.
Mouni N’GOLO






