Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un don de 25 millions de dollars en faveur du Zimbabwe, destiné aux communautés rurales vulnérables. L’initiative, sera déployée dans plusieurs districts des provinces de Masvingo et du Matabeleland Sud, dans le cadre du projet ACRES, afin de renforcer la sécurité alimentaire, améliorer la gestion des ressources naturelles et soutenir les petits exploitants agricoles face aux effets du changement climatique.
Confronté à des sécheresses récurrentes et à une dégradation progressive de ses capacités agricoles, le Zimbabwe bénéficie d’un appui financier stratégique du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) pour renforcer la résilience de ses zones rurales. Ce financement s’inscrit dans une réponse structurée aux vulnérabilités climatiques qui affectent durablement la production agricole et les conditions de vie des populations.
Le projet de résilience climatique agricole et de réduction de la vulnérabilité (ACRES), financé à travers le pilier 1 de la Facilité d’appui à la transition, couvrira la période 2026-2030. Il vise à revitaliser les petites exploitations agricoles, à améliorer les infrastructures pastorales et hydriques, tout en favorisant un environnement propice à l’investissement privé dans le secteur rural.
Les interventions cibleront prioritairement les districts de Gutu dans la province de Masvingo, ainsi que ceux de Gwanda, Matobo, Mangwe et Bulilima dans le Matabeleland Sud. Ces zones, caractérisées par une forte dépendance à l’élevage et une pluviométrie irrégulière, figurent parmi les plus exposées aux effets du changement climatique dans le pays.
92 500 exploitants ciblés et plus de 200 000 bénéficiaires indirects
Au total, 92 500 petits exploitants agricoles devraient bénéficier directement du projet, avec une attention particulière portée à l’inclusion sociale : au moins 50 % de femmes et 20 % de jeunes sont ciblés. Ces populations, souvent confrontées à l’insécurité alimentaire et à un accès limité aux opportunités économiques, constituent le cœur de la stratégie d’intervention.
Au-delà des bénéficiaires directs, environ 200 000 personnes devraient profiter des retombées du projet, à travers l’amélioration des infrastructures rurales, l’accès accru à des ressources en eau et le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. L’initiative prévoit également la création de 320 emplois permanents et de 2 100 emplois saisonniers dans les chaînes de valeurs agricoles et pastorales.
Pour la cheffe du bureau pays de la Banque au Zimbabwe, Eyerusalem Fasika, cet investissement constitue « une intervention cruciale pour renforcer la résilience climatique, réduire la vulnérabilité et améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés rurales les plus vulnérables ».
De son côté, Martin Fregene, directeur de l’agriculture et de l’agro-industrie de l’institution, souligne que le projet s’inscrit dans les priorités stratégiques de la BAD. Il vise notamment à améliorer les capacités d’adaptation, à promouvoir des opportunités économiques durables et à renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’engagement de la Banque africaine de développement au Zimbabwe, où elle intervient de longue date dans le développement rural. À travers le projet ACRES, l’institution entend consolider les acquis en matière de réduction de la pauvreté et d’insécurité alimentaire, tout en soutenant une transition vers une agriculture climato-intelligente.
Dans un contexte où les chocs climatiques deviennent de plus en plus fréquents et intenses, ce financement apparaît comme un levier stratégique pour renforcer la résilience des systèmes agricoles et soutenir une trajectoire de développement plus durable.
Estelle KONKOBO




