Le Fonds africain de développement, guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de Développement (BAD), a approuvé un don de 24,5 millions de dollars en faveur de São Tomé-et-Príncipe pour financer, à partir de mai 2026, le projet ETREEP dédié à la transition énergétique. Déployé sur les îles de São Tomé et de Principe, ce programme vise à améliorer l’accès à l’électricité, réduire les coûts énergétiques et renforcer la part des énergies renouvelables au bénéfice de plus de 200 000 habitants.
Fortement dépendant des combustibles fossiles importés pour sa production électrique, São Tomé-et-Príncipe engage une mutation structurelle de son système énergétique avec l’appui du Fonds africain de développement, guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de Développement (BAD). L’objectif est clair : rompre avec un modèle coûteux et peu fiable, tout en posant les bases d’un mix énergétique durable et inclusif.
Le Projet pour la transition, l’efficacité et l’expansion énergétiques (ETREEP) constitue le socle de cette transformation. Doté d’un investissement global de 30 millions de dollars, dont 24,5 millions apportés par le Fonds africain de développement, il s’inscrit dans le Pacte énergétique national qui ambitionne d’atteindre l’électrification universelle et une part de 50 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030.
Actuellement, près de 95 % de l’électricité produite dans l’archipel repose sur des sources fossiles, avec un coût estimé à 0,30 dollar par kilowattheure, parmi les plus élevés du continent. À cette contrainte structurelle s’ajoutent des délestages quotidiens de trois à quatre heures, affectant les services essentiels tels que les hôpitaux, les écoles et les activités économiques. Les pertes techniques et commerciales, supérieures à 34 %, aggravent davantage la fragilité du système.
Un investissement structurant pour réduire les coûts et moderniser le réseau
Face à ces défis, le projet ETREEP articule plusieurs interventions complémentaires. Sur le plan des infrastructures, il prévoit l’installation de 1 000 lampadaires LED pour améliorer l’efficacité énergétique et la sécurité publique. Une centrale solaire photovoltaïque de 4 MW, associée à un système de stockage par batterie de 2 MWh, sera construite sur l’île de Principe, ouvrant la voie à une autonomie énergétique basée sur les énergies renouvelables.
Le projet inclut également la réhabilitation des réseaux électriques basse tension et la modernisation du centre national de dispatching, afin d’optimiser la gestion du réseau et d’intégrer efficacement les nouvelles capacités de production. Par ailleurs, plus de 40 000 compteurs prépayés seront déployés pour améliorer la facturation, réduire les pertes commerciales et renforcer la viabilité financière du secteur.
Sur le plan institutionnel, l’initiative prévoit un renforcement des capacités de l’Empresa de Água e Eletricidade et du ministère des Infrastructures, à travers des formations techniques et un appui en gouvernance, afin d’assurer la durabilité des investissements engagés.
Les impacts attendus sont significatifs. Environ 50 000 foyers bénéficieront directement du projet, tandis que 2 000 nouveaux raccordements seront réalisés. Les taux de facturation et de recouvrement devraient progresser de 50 % à 80 %, contribuant à réduire le poids des subventions publiques. Les pertes non techniques devraient, quant à elles, reculer de 34 % à 20 %.
Au-delà des performances techniques, le projet porte une dimension sociale importante. Il devrait améliorer les conditions de vie des populations, notamment des femmes, en facilitant l’accès à une énergie plus fiable et moins coûteuse. Il prévoit également la formation de 200 jeunes aux métiers liés aux énergies renouvelables, dans un contexte où le chômage touche fortement cette tranche de la population.
À travers ce financement, le FAD confirme son engagement en faveur des petits États insulaires, confrontés à des contraintes énergétiques spécifiques. Pour le responsable pays du Groupe de la BAD, Pietro Toigo, ce projet illustre la possibilité pour ces économies de réussir leur transition énergétique grâce à des partenariats adaptés et des investissements ciblés.
Estelle KONKOBO




