Réuni en Conseil des ministres le vendredi 2026 à Bobo-Dioulasso, sous la présidence du Chef de l’État, le gouvernement burkinabè a adopté le projet de Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029. Élaboré par le ministère de l’Économie et des Finances, ce cadre vise à encadrer les finances publiques sur trois prochains ans, en définissant les projections en termes de croissance, de recettes à mobiliser, de dépenses publiques à exécuter.
Le Burkina Faso affine sa stratégie de pilotage macroéconomique en se dotant d’un cadre budgétaire pluriannuel destiné à renforcer la cohérence entre politiques publiques et équilibres financiers. L’adoption du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029 traduit une volonté de consolider la discipline budgétaire tout en soutenant une croissance économique dans un environnement régionale et international marqué par des incertitudes.
Le scénario de base, retenu comme cadre central, table sur le maintien d’une dynamique sécuritaire favorable et sur de bonnes performances agricoles. Dans cette configuration, la croissance économique est projetée à 6,1 % en 2027, avant de ralentir à 5,5 % en 2028 et 5,3 % en 2029. L’inflation, quant à elle, devrait rester maîtrisée autour de 1,5 %, selon les projections.
Des agrégats budgétaires en progression
Sur le plan budgétaire, les projections traduisent une progression soutenue des ressources publiques. Les recettes budgétaires totales sont attendues à 3 924,3 milliards F CFA en 2027, 4 328,8 milliards F CFA en 2028 et 4 686,4 milliards F CFA en 2029, soit une progression annuelle moyenne de 9,3 %. Cette dynamique repose sur l’amélioration de la mobilisation des recettes internes et sur un environnement économique relativement porteur.
En parallèle, les dépenses publiques devraient suivre une trajectoire similaire, atteignant 4 543,3 milliards FCFA en 2027, 4 992,2 milliards F CFA en 2028 et 5 403,6 milliards F CFA en 2029, soit une croissance annuelle moyenne de 9,1 %. Cette évolution traduit la poursuite des investissements publics, notamment dans les secteurs jugés structurants pour la transformation de l’économie nationale.
L’épargne budgétaire, indicateur clé de la capacité de financement interne de l’État, afficherait une amélioration notable. Elle est projetée à 892 milliards FCFA en 2027, en hausse significative par rapport à 2026, avant d’atteindre 1 154,6 milliards en 2028 et 1 355,8 milliards en 2029.
En ce qui concerne le déficit budgétaire, il est attendu à 619 milliards FCFA en 2027, 663,4 milliards en 2028 et 717,2 milliards en 2029, soit un ratio rapporté au PIB de 2,8 % sur les deux premières années et 2,9 % en 2029. Ces niveaux restent globalement alignés avec les objectifs de soutenabilité budgétaire dans l’espace communautaire UEMOA.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, l’enjeu central demeure l’efficacité de la dépense publique, avec pour objectif de « faire en sorte que chaque franc dépensé puisse avoir un impact au profit des populations ».
Toutefois, les autorités reconnaissent l’existence de risques externes susceptibles d’affecter ces projections, notamment les tensions géopolitiques internationales, en particulier au Moyen-Orient. Ces incertitudes pourraient nécessiter des ajustements afin de préserver les équilibres macroéconomiques et maintenir une trajectoire de croissance robuste.
Estelle KONKOBO




