Une mission conjointe du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a sillonné, du 9 au 24 avril 2026, les cinq pays membres du projet d’autoroute Abidjan-Lagos, à savoir la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigéria. L’objectif était de sécuriser les engagements financiers nécessaires au lancement des travaux de ce corridor de 1 028 kilomètres, véritable corridor de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAf) dans la sous-région ouest africaine.

Le projet phare d'intégration régionale en Afrique occidentale, l’autoroute Abidjan-Lagos, longue de 1028 km, franchit une nouvelle étape. Désigné chef de file pour la mobilisation des ressources, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a mené une mission conjointe avec la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du 9 au 24 avril 2026, dans les cinq pays traversés par cette autoroute à six voies, à savoir la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria.  

La mission a rencontré dans chacun de ces pays les autorités politiques et techniques impliquées dans la mise en œuvre de ce projet structurant, dans l’objectif d’aligner les partenaires institutionnels et privés sur les impératifs de construction, d’exploitation et d’entretien de la future infrastructure. Au-delà des États, la mission a impliqué des acteurs financiers majeurs comme la Banque pour l’investissement et le développement de la CEDEAO (BIDC), la Banque ouest africaine de développement (BOAD) et des banques commerciales de premier plan comme Ecobank.

Sous la houlette du directeur du Département des infrastructures à la BAD, Mike Salawou, la délégation a eu des échanges avec les ministres du Comité de pilotage, notamment Yacouba Sié Hien de la Côte d’Ivoire, Kwame Governs Agbodza du Ghana, Sani Yaya du Togo et David Umahi du Nigeria.

Combler le financement du « déficit de viabilité »

L'enjeu fondamental étant la transformation d’une infrastructure routière en un véritable corridor économique intégré. Conformément au Traité signé par les cinq États, l'autoroute transnationale sera gérée comme une « route unique » par l'Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA), organisme supranational composé de représentants des cinq pays membres, chargé de concevoir, de construire et de gérer ce corridor.

La démarche s’inscrit dans la vision stratégique de la BAD, particulièrement sur les axes de l’accès au capital et des infrastructures résilientes au climat. « Ce projet a toujours été en harmonie avec les objectifs poursuivis par le Groupe de la Banque », a souligné Mike Salawou. Il est en parfaite cohérence avec la vision stratégique de l’institution, matérialisée à travers les Quatre points cardinaux, notamment l’accès amélioré au capital (point cardinal n°1) et la réalisation d’infrastructures résilientes au climat et à forte valceur ajoutée (point cardinal n°4).

Point majeur, malgré les 25 millions de dollars déjà injectés par la BAD pour les études techniques, le défi reste le financement du « déficit de viabilité » et des coûts d’emprise. Le Directeur des transports de la CEDEAO, Chris Appiah, a alerté sur les risques de discontinuité qui pourraient compromettre le potentiel de ce projet structurant pour l’économie de la sous-région.

L'entrée dans cette phase d'investissement marque le début d'un processus de synergie financière. À terme, cette infrastructure est appelée à devenir le poumon économique de la sous-région, facilitant les échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Mouni N’GOLO

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