Des représentants de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), réunis à Ouagadougou le 24 juin 2026, ont passé en revue l'état d'avancement du Programme d'appui au renforcement des capacités institutionnelles (PARCI III). Cette première réunion du Comité de pilotage a permis d'évaluer les résultats obtenus depuis le lancement du programme et d'esquisser les perspectives de sa prochaine phase.
Face aux exigences croissantes de performance, de gouvernance moderne et de transformation numérique, les institutions communautaires ouest-africaines sont appelées à renforcer leurs capacités pour mieux répondre aux défis économiques, climatiques et sociaux. C’est dans cette dynamique que la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a tenu, le mercredi 24 juin 2026 à Ouagadougou, la première réunion du Comité de pilotage du Programme d’appui au renforcement des capacités institutionnelles de la Commission de l’UEMOA et de la Banque ouest-africaine de développement (PARCI III).
Réunissant les représentants de la Commission de l’UEMOA, de la BOAD, de l’Union européenne ainsi que les membres du comité de pilotage, cette rencontre avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement du programme, d’apprécier les résultats enregistrés depuis son lancement et de définir les orientations stratégiques devant guider la poursuite de sa mise en œuvre. Financé avec l’appui de l’Union européenne, le PARCI III vise à renforcer durablement les capacités institutionnelles des deux principales institutions de l’Union afin d’améliorer leur efficacité, leur résilience et leur impact au service des États membres.
Un levier de modernisation des institutions communautaires
Le renforcement des capacités institutionnelles constitue aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour l’avenir de l’intégration régionale.
« À l’heure où nos institutions sont appelées à répondre à des défis de plus en plus complexes tels que la transformation économique, les exigences accrues de performance publique, les impératifs climatiques et numériques, le renforcement des capacités institutionnelles s’impose comme une priorité stratégique majeure », a déclaré le Commissaire chargé du Département du Marché régional et de la Coopération, Filiga Michel Sawadogo.
Le PARCI III ne se limite pas à un simple programme d’assistance technique. Il représente un véritable outil de transformation destiné à bâtir des institutions communautaires « plus performantes, plus agiles et résolument tournées vers les résultats et l’impact ».
Depuis son démarrage opérationnel à la Commission de l’UEMOA en octobre 2024 et son lancement officiel le 17 juin 2025, le programme a enregistré des avancées significatives. Plusieurs directions techniques de la Commission et de la BOAD ont bénéficié d’un accompagnement structuré autour du renforcement de la gouvernance, de l’amélioration des dispositifs de gestion financière, de contrôle interne et d’audit, ainsi que de la modernisation des outils de planification stratégique et de suivi-évaluation.
Gouvernance, performance et résilience au cœur des réformes
Le PARCI III intervient également dans de nouveaux domaines stratégiques tels que la finance climat, le développement durable et la responsabilité sociétale, désormais considérés comme des leviers essentiels de transformation des institutions publiques.
Au-delà du suivi administratif du programme, cette première réunion du Comité de pilotage constitue un cadre d’orientation stratégique devant permettre d’identifier les leviers d’accélération et les ajustements nécessaires pour optimiser les résultats attendus.
« Notre ambition commune est de bâtir des institutions plus performantes, plus résilientes et davantage au service des populations de notre Union », a souligné Filiga Michel Sawadogo.
Les échanges ont notamment porté sur les réalisations enregistrées, les contraintes rencontrées ainsi que les perspectives de renforcement des acquis. Les différentes présentations ont permis de mettre en lumière une approche fondée sur la co-construction avec les équipes bénéficiaires, considérée comme l’un des principaux facteurs de succès du programme.
La BOAD prépare sa nouvelle phase de transformation
Prenant la parole au nom du président de la BOAD, le vice-président de l’institution, Abdoulaye Daffé a salué l’appui constant de la Commission de l’UEMOA et de l’Union européenne dans la mise en œuvre du programme.
Cette session intervient à un moment clé pour la banque de développement, engagée dans un vaste processus de modernisation institutionnelle. Le rapport final d’évaluation du projet de transformation de la BOAD, structuré autour de neuf piliers, contient plusieurs recommandations destinées à renforcer les dispositifs institutionnels, organisationnels et opérationnels de l’institution.
Déjà les bases du PARCI IV
Cette dynamique s’inscrit également dans le cadre du nouveau plan stratégique « Djoliba… la Suite 2026-2030 », à travers lequel la Banque ambitionne d’accroître le financement des projets intégrateurs, de renforcer son impact dans les États membres et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations de l’espace UEMOA.
Au-delà du bilan d’étape, les responsables des deux institutions communautaires ont clairement affiché leur volonté de préparer l’avenir. Pour le Commissaire Filiga Michel Sawadogo, l’objectif est désormais double : assurer l’achèvement réussi du PARCI III, tout en jetant les bases du PARCI IV afin de garantir la continuité de la dynamique engagée.
Au regard du contexte régional marqué par des défis sécuritaires, climatiques, technologiques et économiques, le renforcement des capacités de la Commission de l’UEMOA et de la BOAD apparaît comme un préalable indispensable à une intégration régionale plus efficace. À travers le PARCI III, les partenaires entendent ainsi consolider des institutions capables d’accompagner durablement les politiques de développement et de répondre aux attentes croissantes des populations de l’Union.
Estelle KONKOBO




