L’exécution du budget de l’Etat burkinabè, exercice 2025, enregistre, au 30 septembre 2025, 2 513,76 milliards F CFA de ressources mobilisés, soit un taux de réalisation de 105%, et 2 644,33 milliards F CFA de dépenses exécutés, correspondant à un taux d’exécution de 72,67%. La bonne dynamique de mobilisation de ressources a permis à l’Etat de régler sa dette intérieure à près de 1 200 milliards F CFA durant la même période.
Dans un contexte de défis sécuritaires et humanitaires, le gouvernement burkinabè veut jouer sa partition pour la résilience de l’économie nationale. Pour ce faire, il a consenti durant les neuf premiers mois de l’année, près de 1 200 milliards F CFA pour le paiement de la dette intérieure, laissant un solde de 161 milliards F CFA contre un solde de 370 milliards F CFA à la même période en 2024. « Pour ce qui des dettes dont les ordres de paiement sont arrivés au Trésor, il n’y a que celles de 2025 que nous continuons d’exécuter. Il faut noter que la dette est dynamique. Elle se constitue au fur et à mesure des nouveaux engagements. Mais des efforts vont être fournis pour que le paiement régulier de la dette puisse se poursuivre », a confié le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, à l’issue du Conseil des ministres du 4 décembre 2025.
Ce règlement de la dette qui « va contribuer à relancer considérablement l’économie », a été possible grâce à la bonne dynamique de mobilisation des ressources publiques. En effet, il ressort de l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2025, 2 513,76 milliards F CFA de ressources mobilisés au 30 septembre 2025, pour un objectif de la période de 2 393,90 milliards F CFA, correspondant à un taux de réalisation de 105,01%. Comparé aux recettes globales du budget de 3 149,79 milliards F CFA, le taux de mobilisation à trois mois de la fin de l’année est de 76,76%. Comparé au niveau de mobilisation au 30 septembre 2024, établi à 2 125,61 milliards F CFA, on observe une hausse de 388,15 milliards F CFA en valeur absolue et de 18,26% en valeur relative.
Une reprise progressive de l’industrialisation
Pour ce qui est du niveau d’exécution des dépenses, à la même période, il s’est établi à 2 644,33 milliards F CFA sur une prévision de 3 638,75 milliards F CFA, soit un taux d’exécution de 72,67%. A fin septembre 2024, le montant des dépenses exécutées était de 2 483,44 milliards F CFA, soit un taux d’exécution de 67,67%. Au 30 septembre 2025, il se dégage une épargne budgétaire de 476,84 milliards F CFA, contre 559,04 milliards F CFA à fin septembre 2024. Le solde budgétaire global, quant à lui, s’est établi à -236,58 milliards F CFA alors il s’élevait à -462,48 milliards F CFA à la même période de l’exercice écoulé. Au regard des délais de clôture des opérations budgétaires de l’exercice 2025, le Conseil instruction a été donnée aux ministères et institutions de ne pas engager de dépenses dont les liquidations ne pourront pas intervenir avant la fin de l’année.
Selon le ministre Nacanabo, l’exécution du budget de l’Etat s’est opérée dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques ayant un impact sur le cours des matières premières. Il y a notamment le cours de l’or qui ne fait qu’augmenter, celui du coton en situation de baisse ; le cours du dollar, ainsi que celui de l’or se sont stabilisés à un certain niveau. Et ces éléments de contexte peuvent influencer l’exécution du budget. « Au niveau national, l’exécution du budget est marquée par une intensification de la reconquête du territoire, une bonne campagne agricole, due à une bonne pluviométrie mais aussi aux importants investissements dans le secteur agricole. A côté de cela, nous avons une reprise progressive de l’industrialisation qui permet de renforcer davantage le secteur secondaire. En plus, il y a des grands travaux de réalisation d’infrastructures qui impactent globalement l’économie », a-t-il expliqué.
De grandes ambitions pour 2026
Autant d’indicateurs qui témoignent de la bonne santé de l’activité économique. « Aujourd’hui, globalement, l’économie se porte nettement mieux. A fin décembre, nous escomptons un taux de croissance de 6,28%, après 4,8% en 2024. Il y a donc un progrès significatif qui a été réalisé. Pour ce qui concerne l’inflation, elle est maitrisée sur toute la période. En 2022, nous étions à un taux d’inflation élevé de 14,1%, qui passé à 0,7% en 2023 et à 4,2% en 2024. Cette année, selon le dernier cadrage, nous allons vers une déflation, c’est-à-dire, en lieu et place d’une hausse modérée des prix, c’est une baisse des prix, essentiellement au niveau des denrées alimentaires où les prix ont drastiquement baissé. Et cela est le résultat de tous les grands efforts qui ont été consentis dans le secteur agricole », a soutenu Dr Nacanabo.
A cela s’ajoute les autres mesures prises par le gouvernement, notamment la transformation de la SONAGESS en centrale d’achat qui lui permet de faire des achats bord champs, de stocker et de faire d’effectuer par la suite des ventes de régulation afin de maitriser les prix. C’est une tendance à consolider. « Il s’ait de faire en sorte que les efforts fournis par les différents ministères, sous l’impulsion du Président du Faso, puissent nous permettre de dégager des marges importantes, au regard des grandes ambitions que nous avons pour l’année 2026 : ambitions en termes d’importantes infrastructures à réaliser, d’industrialisation et de consolidation des acquis dans le secteur agricole. Et tout cela indique qu’en 2026, nous serons à un autre niveau », a rassuré le ministre en charge de l’économie.
La Rédaction







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