La structure des exportations du Burkina Faso confirme une domination croissante du secteur minier. Selon le rapport de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) Burkina Faso 2024, le secteur extractif a représenté 69,56 % des exportations totales en 2024, contre 60,02 % en 2023, soit une hausse de 9,54 points de pourcentage en un an. Cette progression est portée quasi exclusivement par l’or, qui concentre désormais l’essentiel des recettes d’exportation du pays, avec pour principales destinations la Suisse et les Émirats arabes unis.
Selon le rapport ITIE, au Burkina Faso, les exportations de l'or ont atteint 64,15 tonnes en 2024, pour une valeur de 2 787,46 milliards F CFA. Le métal jaune représente la quasi-totalité des exportations extractives, confirmant son statut de premier produit d’exportation du Burkina Faso, très loin devant toute autre substance minérale; avec des flux d'exportations concentrés entre les mains d'un nombre restreint d’opérateurs.
En effet, selon le rapport, la Société nationale des substances précieuses (SONASP) a assuré 35 % des volumes exportés, devenant le premier exportateur national, principalement à travers l’or artisanal formalisé ; les mines industrielles d’Essakane, Houndé et Sanbrado ont concentré 42,9 % des exportations totales d’or.
Deux destinations dominantes pour l’or burkinabè
Il ressort également une forte concentration géographique de la destination de l'or burkinabè. En 2024, les exportations d’or ont été dirigées quasi exclusivement vers la Suisse, qui a absorbé 63,2 % des volumes pour une valeur de 1 862,78 milliards F CFA, et les Émirats arabes unis, avec 34,9 % des volumes, pour 872,83 milliards F CFA. Ces deux marchés ont absorbé plus de 98 % des exportations aurifères du pays.
En dehors de l’or, le rapport ITIE 2024 met en évidence la faiblesse des autres produits miniers dans les exportations nationales. Les chiffres font état de 5,78 tonnes d’argent pour 3,06 milliards F CFA ; 9 540 tonnes de manganèse pour 0,02 milliard F CFA, issues d’un déstockage exceptionnel ; des substances de carrières (calcaire dolomitique, granite) pour une valeur d’environ 0,5 milliard F CFA. L’ensemble de ces produits représente moins de 0,2 % des exportations extractives en valeur, confirmant l’absence de diversification minérale significative.
Un pilier macroéconomique important
Le rapport souligne en outre la contribution du secteur extractif dans aux agrégats macroéconomiques du pays, marqués par une croissance du PIB réel estimée à 4,8 % contre 3 % en 2023, pour un PIB nominal de 14 012,8 milliards F CFA. Il ressort donc une contribution du secteur minier au PIB à hauteur de 15,1% aux exportations à 69,6 % et aux recettes budgétaires hors dons à 15,3 %. Les entreprises minières ont, par ailleurs, versé 465,2 milliards F CFA à l’État au cours de l’année 2024, précise le rapport.
Les projections de l'ITIE confirment la poursuite de cette trajectoire, avec des exportations de l'ordre de 4 103,1 milliards F CFA à l’horizon 2027, soit une croissance attendue de 23 % entre 2024 et 2027. Sur l’ensemble de la période, la part de l’or devrait dépasser 83 % des exportations totales.
Ces perspectives reposent sur la mise en œuvre du nouveau Code minier – incluant le renforcement de la traçabilité, une participation accrue de l’État et la révision des exonérations – ainsi que sur l’évolution des cours internationaux de l’or. Elles soulignent toutefois la consolidation d’un modèle d’exportation fortement concentré, dont la soutenabilité à long terme demeure un enjeu central pour l’économie burkinabè.
Estelle KONKOBO






