Le président ghanéen, John Dramani Mahama a déclaré le mardi 17 février 2026, que le pays financera dorénavant ses achats par des instruments nationaux, marquant une orientation résolument souverainiste dans la gestion de la filière Cacao. Face à une crise persistante du secteur, le gouvernement ghanéen opère ainsi une rupture nette avec les mécanismes de financement externes pour l’achat des récoltes.
Le secteur du cacao traverse des tensions qui ont conduit les autorités du Ghana à réduire le prix garanti aux planteurs et à repenser les modalités de financement des achats. Dans ce contexte, le président John Dramani Mahama a annoncé l’abandon des financements étrangers au profit d’émissions d’obligations nationales destinées à couvrir les besoins d’achat de fèves.
Le chef de l’État a affirmé que le Ghana dispose de suffisamment de cedis (monnaie ghanéenne) pour payer les planteurs sans recourir à des garanties sur les cargaisons de fèves. Il a notamment insisté sur la capacité nationale de transformation, évoquant la possibilité de traiter 400 000 tonnes de fèves localement. Il a également rappelé que le prix garanti aux planteurs représente actuellement 70 % du prix international, soulignant la contrainte budgétaire pesant sur les revenus agricoles.
Au-delà du financement, le Ghana entend renforcer la valorisation interne des matières premières. Le gouvernement projette de freiner les exportations pour alimenter les usines locales et vise à réduire ou même suspendre certaines exportations de minerais afin de soutenir l’industrialisation nationale. Cette orientation vise à capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire.
Cette trajectoire annoncée par le Ghana marque un tournant stratégique dans le financement des secteurs marquants de l’économie du pays, combinant souveraineté financière et politique industrielle protectionniste.
Mouni N’GOLO






