La compagnie burkinabè RAYNAL Assurances Burkina Faso a remporté le prix de l’« innovation solution inclusive » du marché assurantiel africain, le 11 février 2026 à Abidjan, lors de la 50e Assemblée annuelle de la Fédération des Sociétés d'Assurances de Droit National Africaines (FANAF), organisée sous le thème : « Cinquantenaire de la FANAF : bâtir le futur de l’assurance africaine ». Dans un contexte de défis sécuritaires, le marché burkinabè, quatrième de la zone CIMA, par cette distinction, confirme sa capacité d’innovation et de résilience. Dans cette interview accordée à C’Finance, le premier responsable de RAYNAL Assurances, Osée Gaétan Quenum, revient sur la solution qui a valu ce sacre, l’attachement constant de la compagnie à l’innovation, ainsi que sur l’enjeu technologique du développement du secteur assurantiel africain.
C’Finance (C.F) : RAYNAL Assurance Burkina a été lauréat du Prix "Innovation, Solution Inclusive" le 11 février 2026 à Abidjan, lors de la 50e Assemblée générale de la FANAF. Quel est le sentiment qui vous anime après cette distinction ?
Osée Gaétan Quenum (O.G.Q) : C’est avant tout un sentiment de fierté. Fierté pour toute l’entreprise. Fierté pour chacun de mes collaborateurs qui, au quotidien, s’investit pour que notre compagnie fasse la différence sur le marché des assurances. L’agilité fait partie des valeurs de notre entreprise. Et qui dit agilité, dit capacité d’adapter les produits aux besoins de nos populations, de nos clients, de nos prospects. Nous sommes une entreprise innovante, première compagnie d’assurance à mettre en place un certain nombre de produits au Burkina.
Par exemple, nous avons été les premiers à mettre sur le marché burkinabè l’assurance Terrorisme et Violences politiques depuis 2015, l’assurance-crédit et l’assurance caution depuis 2018. Ensuite, nous avons poussé l’innovation jusqu’à la mise en place de produits comme l’assurance de la responsabilité civile des mandataires sociaux, qui répond à un besoin très important des mandataires sociaux, des membres des conseils d’administration, des managers, etc., ainsi que l’assurance contre la cybercriminalité. Ces quatre produits démontrent notre capacité d’innovation. Mais au-delà des produits, nous avons aussi des innovations process. Par exemple, il y a l’application RaynalApp que nous avons mise en place.
C’est une application qui permet de souscrire de bout en bout nos produits d’assurance à partir de son téléphone, et qui est téléchargeable sur Play Store et sur App Store. Et une fois que l’on a créé son compte, on peut s’auto-assurer depuis sa chambre, un bus de transport, un terrain de sport. Partout où on est, on peut donc souscrire de bout en bout à un produit d’assurance. Nous sommes une entreprise qui agit dans l’innovation : innovation produit, innovation process. Et quand je parle de l’application RaynalApp, au-delà de la souscription, on peut faire la déclaration et le suivi de son sinistre. Ce sont les deux versants de notre activité : souscrire un contrat, déclarer son sinistre et puis suivre l’évolution de son sinistre.
Jusque-là, nous n’avions pas reçu une distinction spéciale d’un tiers. Nous entendions seulement nos populations, partenaires, courtiers, et clients dire que nous sommes innovants. Recevoir donc cette distinction extérieure a vraiment été un sentiment de fierté et une belle joie pour nous tous. Surtout que cela s’est passé dans le cadre de la FANAF, devant toutes les compagnies membres, qui sont au nombre de plus de 200. Recevoir ce Prix dans ce cadre-là, est réellement quelque chose d’extraordinaire pour nous ! Et la solution pour laquelle nous avons été récompensés aussi nous donne une satisfaction extraordinaire !
C’est une solution d’inclusion, de simplification de l’outil de production qui nous a valu cette distinction. Il s’agissait donc de simplifier l’outil de production pour permettre à nos producteurs de pouvoir se déplacer avec et aller partout. C’est un peu comme une solution qui vient compléter l’application. Au cas où vous n’arrivez pas à vous auto-assurer sur l’application, dans votre chambre ou dans votre champ, nos producteurs peuvent se déplacer avec l’outil de production dans leurs mains et venir vous assurer de bout en bout, où que vous soyez. Nous sommes fiers de voir que de l’extérieur on ait reconnu et salué cette bataille que nous menons pour l’inclusion, pour justement permettre à tout le monde de pouvoir s’assurer, afin que la distance ne soit pas un handicap à l’accès à l’assurance.
C.F : Peut-on dire que c’est la volonté de RAYNAL Assurances de faciliter l’accès à l’assurance à toutes les couches sociales, y compris dans les zones rurales, les zones à défi sécuritaire, qui est à l’origine de vos innovations ?
O.G.Q : Oui, tout à fait. Le taux de pénétration de l’assurance est faible en Afrique de façon générale, et en particulier dans notre pays. Et la crise sécuritaire que nous traversons, la difficulté qu’il y a pour les populations rurales d’avoir accès à certains services qui peuvent sécuriser leur activité, et le fait que nous avons une bonne partie de la population qui travaille dans l’agriculture ou même dans le secteur informel, font que tout le monde ne perçoit pas le bureau d’une compagnie d’assurance comme un lieu facile d’accès. Le handicap même de la langue de travail peut freiner les adhésions à l’assurance.
Il fallait donc que l’on réfléchisse, en fonction de ce contexte-là, sur comment nous pouvons rapprocher l’assurance de ceux qui en ont le plus besoin ; c’est-à-dire, indépendamment de leurs demandes exprimées, que nous-mêmes nous puissions nous déplacer, prendre les routes et sentiers de notre pays avec notre outil de production en main, et aller donc à la rencontre de ces populations pour leur proposer nos services et les assurer là où ils sont ! Et cela résout un bon nombre de problèmes, pas seulement la question sécuritaire ; même la ruralité qui existe dans notre pays ne rend pas facile l’accès à l’assurance. Il fallait trouver une solution à travers cette innovation d’inclusion que nous avons mise en place et qui a été reconnue au niveau de la FANAF.
C.F : Au-delà de RAYNAL Assurances, on peut dire c’est le marché burkinabè qui est honoré, au regard du contexte de défis sécuritaires auquel il fait face...
O.G.Q : Oui, bien sûr ! Au-delà de Raynal Assurance, c’est le marché burkinabè qui est honoré ! Nous sommes le quatrième marché dans la zone CIMA, derrière la Côte d’Ivoire, le Sénégal et puis le Cameroun. Et il faut que nous marquions notre terrain. Il ne s’agit pas seulement d’être résilients à travers la progression du chiffre d’affaires, mais il faut montrer que sur le terrain, nous développons des idées, au plan national, pour résoudre la question de l’inclusion financière, à travers la mise à disposition de nos populations de ce qu’il leur faut pour se prémunir, pour se protéger, pour être à l’abri des difficultés. Au-delà de RAYNAL Assurances, c’est une fierté pour tout le Burkina Faso, et j’espère que tout le monde sera dans ce motif de fierté nationale !
Et comme je l’ai dit sur les tribunes de la FANAF, c’est réellement pour nous l’occasion de saluer la vaillance avec laquelle les gens résistent aux difficultés du quotidien, de saluer cette résilience historique du peuple burkinabè, qui nous inspire, qui est une source de motivation, d’initiatives pour imaginer comment faciliter l’accès à l’assurance pour que la distance ne soit plus un obstacle.
C.F : Après cette distinction, quels sont les prochains défis de RAYNAL Assurances ?
O.G.Q : Il faut poursuivre l’innovation ! Je suis un enseignant d'assurance dans les universités, notamment à l'Institut international des assurances à Yaoundé et dans d'autres instituts supérieurs. Dans l'interaction que je mène à travers mes cours, j'entends les besoins des gens, les critiques, les observations, qui montrent que beaucoup de gens auraient aimé que les assurances aient un autre visage : un visage plus familier, plus coutumier, plus quotidien, une facilité d'accès, etc. Le fait de savoir que déjà dans ce monde des jeunes qui sont en études, ces besoins sont là m'inspire. J'ai des collaborateurs aussi qui ont des idées et qui les expriment.
L'un dans l'autre, nous essayons toujours de voir ce qu'il faut mettre en place pour faciliter l'intérêt de nos populations pour l'assurance et aussi faire avancer, accroître le taux de pénétration de l'assurance. Cette distinction que nous avons reçue, nous galvanise à davantage nous appuyer sur l'innovation, à rester toujours agile, à ne pas perdre notre agilité, et à innover non seulement dans les process, mais aussi dans les produits et dans la gestion de façon générale et du personnel et de nos rapports avec nos partenaires. Il faut donc continuer à innover à tout point de vue pour que les choses deviennent plus faciles, non seulement pour nos clients, pour nos populations, mais pour nous-mêmes en termes d'administration des produits de vente.
C'est vraiment un appel à une meilleure performance en termes d'agilité et d'innovation que ce prix nous inspire. Et Nous aimerions bien avoir un prix au plan mondial ! Nous continuerons d’innover, pas pour ne viser que des prix, mais pour apporter des réponses aux besoins de nos populations. Et cela passe par l'agilité et l'innovation.
C.F : A RAYNAL Assurances, vous avez la conviction que l'innovation technologique est un levier essentiel pour vulgariser l'assurance, faciliter la compréhension et la souscription aux produits d'assurance en Afrique ?
O.G.Q : Oui, tout à fait ! Quand on dit qu'on dit que construire l'avenir de l'assurance africaine, pour que l'assurance africaine s'impose, pour que le taux de pénétration de l'assurance entre soit au rendez-vous, l'innovation est inévitable ; c'est obligatoire, c'est impératif d'innover. Et dans l'innovation, je vois deux choses. Il y a l'innovation des produits traditionnels, comme les assurances automobiles, l'incendie, etc., auxquels s'attachent parfois des clichés, qui d'ailleurs ne se justifient pas aujourd'hui, mais que les gens essaient de toujours traîner, en donnant une image peu favorable de l'assurance. La novation de ces produits traditionnels va permettre de les relooker et de les rendre attractifs pour les jeunes générations, en tout cas pour ceux qui sont en besoin de produits d'assurance. Mais à côté de la novation des produits traditionnels, il y a également l'innovation à travers la mise en place de nouveaux produits qui n'existent pas encore, mais qui répondent à des besoins spécifiques.
Et au niveau des RAYNAL Assurances, nous avons des services dédiés à cette analyse des besoins, à des sondages terrains, de quoi les populations peuvent avoir besoin comme réponse à leurs difficultés ou à leurs contraintes et besoins du quotidien. Pour l'amélioration du taux de pénétration, la novation des produits traditionnels et l'innovation à travers la mise en place des produits inexistants mais correspondant à des besoins clairs et nets, sont imparables, incontrôlables. L'avenir de l'assurance en Afrique réside dans automatiquement dans l'innovation.
Interview réalisée par la
Rédaction de C’Finance






