Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a présenté, le 15 février 2026 à Addis-Abeba, la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA) devant la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Il s’agissait de sa première allocution officielle depuis sa prise de fonctions, le 1er septembre dernier, en tant que neuvième président de l’institution.

La Banque africaine de développement (BAD) veut parvenir à construire un écosystème de financement des économies africaines à partir du continent. C’est dans cette optique que s’inscrit la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA). Cette initiative qui a été endossée par l’Union africaine lors du 39e Sommet des dirigeants africain, tenu les 14 et 15 février à Addis-Abeba en Ethiopie, vise à reconfigurer le modèle de financement des économies en Afrique, selon la présentation qui en a été faite lors de ce Sommet par le Directeur général, Sidi Ould Tah

Face aux dirigeants africains, le patron de la BAD a défendu la NAFA comme un instrument structurant destiné à transformer en profondeur la mobilisation et l’allocation du capital sur le continent. Dans un discours axé sur l’efficacité et la réforme systémique, Sidi Ould Tah a estimé que le continent ne souffre pas d’un déficit d’ambition, mais d’un déficit d’architecture financière.

« L’Afrique ne manque pas d’ambition. L’Agenda 2063 nous donne une vision (…) Le problème n’est pas un manque de ressources. C’est l’architecture du risque et du capital », a-t-il déclaré.

La NAFA, pilier central de la nouvelle vision stratégique de la Banque, s’inscrit dans une approche articulée autour des « Quatre points cardinaux », appelés à restructurer en profondeur les mécanismes de financement du développement.

La vision présentée par le président de la BAD repose sur quatre axes stratégiques : 

  • La mobilisation du capital africain, avec l’objectif de canaliser davantage l’épargne domestique et les fonds institutionnels vers les investissements productifs ;
  • La reconquête de la souveraineté financière, la NAFA devant permettre de mobiliser et de déployer des ressources à grande échelle tout en renforçant la position de l’Afrique dans la gouvernance financière mondiale ;
  • La transformation démographique en dividende économique, par le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et le développement de chaînes de valeur régionales ;
  • La construction d’infrastructures résilientes et à forte valeur ajoutée, pour accélérer l’industrialisation et l’intégration économique continentale.
Les dirigeants africains réunis lors du 39e Sommet de l'UA ont endossé la NAFA et demandé à la BAD de produire un plan d’action détaillé précisant les instruments pilotes, les mécanismes de gouvernance et les partenariats publics‑privés. 

 

Appui politique des chefs d’État

« La NAFA n’est pas un slogan. C’est une réorganisation délibérée de la manière dont l’Afrique mobilise, alloue et déploie ses capitaux », a souligné le président de la BAD, évoquant un passage « de la fragmentation à la coordination » et « de la dépendance aux capitaux extérieurs à la souveraineté financière ».

Dans une déclaration consacrée aux initiatives continentales clés de la BAD, les chefs d’État ont salué l’orientation stratégique portée par Sidi Ould Tah et soutenu collectivement la NAFA, présentée comme un instrument visant à « renforcer la souveraineté financière de l’Afrique et à réduire sa vulnérabilité aux chocs de financement extérieurs ».

Les dirigeants ont invité le Groupe de la Banque à présenter un rapport d’étape sur l’opérationnalisation de la NAFA lors de la prochaine réunion de coordination de l’Union africaine, prévue dans six mois.

Un repositionnement stratégique de la BAD

En inscrivant la NAFA au cœur de son agenda institutionnel, la BAD cherche à consolider son rôle de pivot du financement du développement en Afrique, dans un contexte marqué par la volatilité des flux de capitaux internationaux et la pression croissante sur les finances publiques.

Le soutien politique exprimé à Addis-Abeba confère une légitimité continentale à cette initiative. Reste désormais à traduire cette ambition en instruments opérationnels capables de mobiliser massivement le capital africain et d’en optimiser l’allocation, condition indispensable à l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2063.

Estelle KONKOBO

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