Le Fonds monétaire international (FMI) renforce, le 18 février 2026 son appui financier au Burkina Faso avec un nouveau décaissement de 33,2 millions de dollars, soit environ 19 milliards F CFA, dans le cadre de la facilité élargie de crédit, portant l’enveloppe mobilisée à 165,8 millions de dollars, soit environ 92 milliards F CFA, depuis 2023. L’institution de Breton Woods a parallèlement validé un programme additionnel de 124,3 millions de dollars (70 milliards F CFA) dédié à la résilience climatique. Par ces appuis financiers, le FMI salue une mise en œuvre jugée satisfaisante des réformes macroéconomiques et budgétaires par le pays des Hommes intègres.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé, le 18 février 2026, la quatrième revue de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) en faveur du Burkina Faso. Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat de 33,2 millions de dollars soit environ 19 milliards F CFA, portant à 165,8 millions de dollars soit 92 milliards F CFA le total déjà mobilisé dans le cadre du programme approuvé le 21 septembre 2023, d’un montant global de 305 millions de dollars (170 milliards F CFA).
Dans le même temps, le Conseil a approuvé un nouvel accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD/RSF), d’un montant de 124,3 millions de dollars soit environ 70 milliards F CFA, valable jusqu’au 20 septembre 2027. Ce second programme vise à renforcer la stabilité extérieure et la résilience du pays face aux chocs climatiques. L’accord FEC, conclu pour une durée de 48 mois, a pour objectif de renforcer la résilience macroéconomique et de réduire la pauvreté dans un contexte marqué par l’insécurité, les vulnérabilités climatiques et les contraintes budgétaires.
Quant au nouveau programme FRD, il s’inscrit dans une logique complémentaire. Il prévoit des réformes destinées à intégrer les enjeux climatiques dans la gestion des finances publiques, à améliorer la performance des entreprises publiques opérant dans des secteurs sensibles au climat et à mobiliser des financements verts. Les premiers décaissements interviendront après l’achèvement de la première revue du programme.
L’assainissement budgétaire en bonne voie
Selon les estimations du FMI, la croissance du PIB réel s’est établie à 5 % en 2025, contre 4,8 % en 2024. Elle devrait se maintenir dans une fourchette comprise entre 4,5 % et 5 % à moyen terme, sous réserve d’une amélioration de la situation sécuritaire. L’inflation moyenne a reculé à -0,5 % en 2025, en raison d’une baisse des prix des denrées alimentaires, et devrait converger vers 2 % à moyen terme.
Sur le plan extérieur, le compte courant devrait passer d’un déficit de 3,4 % du PIB en 2024 à un excédent de 1,1 % en 2025, puis 0,8 % en 2026, porté par la hausse des exportations aurifères et l’amélioration des termes de l’échange. L’assainissement budgétaire est jugé en bonne voie. Le déficit public en 2025 est resté en deçà de l’objectif programmatique de 4 % du PIB, traduisant un ajustement de 2,3 points de pourcentage par rapport à 2024. Cette évolution est attribuée à la forte mobilisation des recettes domestiques, notamment issues du secteur aurifère, à la maîtrise de la masse salariale et à la modération des dépenses d’investissement.
Le FMI indique que tous les critères de réalisation quantitatifs à fin juin 2025 ont été respectés, à l’exception de deux objectifs indicatifs manqués de manière marginale (moins de 0,1 % du PIB et 0,02 % du PIB respectivement). Huit repères structurels sur dix ont été atteints.
Le repère relatif à la réforme du secteur de l’énergie, initialement manqué, a été mis en œuvre ultérieurement. Par ailleurs, six des onze recommandations prioritaires issues de l’évaluation diagnostique de la gouvernance ont déjà été appliquées. Dans le secteur minier, le FMI relève notamment des progrès dans l’amélioration des procédures d’octroi des licences, un point central pour la transparence et la mobilisation des recettes.
« Des politiques économiques judicieuses »
« L’économie du Burkina Faso a fait preuve de résilience malgré des difficultés sur le plan sécuritaire et humanitaire. (…) Des politiques économiques judicieuses visant à améliorer la gouvernance et à accroître la mobilisation des recettes intérieures ont permis de dégager des marges de manœuvre budgétaires et de soutenir la reprise », a déclaré Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI. Il souligne également l’importance de poursuivre l’assainissement budgétaire tout en préservant les dépenses sociales prioritaires, notamment en santé, éducation et protection sociale.
Au-delà du décaissement immédiat, cette double validation renforce la crédibilité macroéconomique du Burkina Faso auprès des partenaires techniques et financiers. Elle conforte la trajectoire d’assainissement budgétaire engagée, tout en intégrant désormais de manière explicite la dimension climatique dans la stratégie de stabilisation. La capacité du pays à maintenir la discipline budgétaire, à sécuriser les recettes minières et à traduire les réformes structurelles en gains durables de productivité demeurera déterminante pour consolider cette dynamique à moyen terme.
Estelle KONKOBO






