Le Conseil des ministres, réuni en sa séance du jeudi 19 février 2026, a validé l’accord de prêt signé le 30 décembre 2025 entre le Burkina Faso et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) d’un montant de 10 milliards F CFA, destinés au bitumage du tronçon Yargo–Bourzanga dans le cadre du projet de construction et de bitumage de la route nationale n°22 (RN22) Kongoussi–Djibo.
Le bitumage de la route Kongoussi-Djibo demeure une priorité stratégique pour le gouvernement burkinabè dans sa politique de désenclavement des pôles urbains régionaux et de développement du Sahel. Cet objectif passe nécessairement par l’aboutissement du projet de bitumage de l’axe Kongoussi-Djibo. Et c’est dans cette logique que l’Etat burkinabè a signé un accord de prêt avec la Banque ouest africaine de développement (BOAD) d’un montant de 10 milliards de francs CFA destinés au bitumage de l’axe Yargo-Bourzanga dans le cadre du projet de construction et de bitumage de la RN22 longue de 96 kilomètres reliant Kongoussi et Djibo.
Engagé depuis 2016 pour un délai prévisionnel de 24 mois, le projet de bitumage de cet axe stratégique a déjà bénéficié d’environ 21,6 milliards F CFA de financement auprès de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et de l’État burkinabè, à raison de 4,5 milliards FCFA pour le tronçon Kongoussi–Yargo (16 kilomètres) et 16,5 milliards FCFA pour Yargo–Djibo (80 kilomètres). Le projet global porte sur la construction et le bitumage intégral de la chaussée, accompagnés d’ouvrages hydrauliques tels que des ponts, dalots et caniveaux.
Les travaux intègrent également environ 54 kilomètres de pistes rurales, 5,2 kilomètres de voiries urbaines en pavés dans les villes de Kongoussi et Djibo, une piste à bétail avec aires de repos et points d’abreuvement, ainsi que la construction d’un poste de péage destiné à contribuer à l’entretien futur de l’infrastructure.
Toutefois, l’exécution des travaux a été marquée par des retards, des contraintes logistiques et un contexte sécuritaire particulièrement difficile dans la zone de Djibo.
Le prêt de la BOAD, signé le 30 décembre 2025, intervient ainsi comme un financement complémentaire visant à consolider une phase jugée prioritaire du projet, dans un contexte de surcoûts et de ralentissement des travaux, et à sécuriser la viabilité économique de l’axe à travers la mise en place d’un mécanisme de péage.
Désenclavement, sécurité et relance économique
Au-delà de sa dimension infrastructurelle, la RN22 est considérée comme stratégique pour le désenclavement du Centre-Nord et de la région du Sahel, notamment la province du Soum et la ville de Djibo. Elle devrait faciliter l’approvisionnement en biens essentiels, améliorer la mobilité des populations et des opérateurs économiques, soutenir les activités d’élevage et d’agriculture, et renforcer l’accès aux services sociaux de base. Dans un contexte d’insécurité, l’axe revêt également un enjeu sécuritaire, en facilitant la mobilité des forces de défense et des acteurs humanitaires.
À terme, l’achèvement de cette infrastructure conditionne non seulement la relance des échanges économiques dans la zone, mais aussi la stabilisation d’un espace fortement affecté par la crise sécuritaire et humanitaire. Le financement complémentaire de 10 milliards F CFA s’inscrit ainsi dans une logique de continuité budgétaire et de sécurisation d’un projet structurant pour le Sahel burkinabè.
Estelle KONKOBO






