Dans un contexte d’essor du secteur minier ivoirien et de montée en puissance du trafic maritime régional, le groupe SEA‑Invest a engagé un nouvel investissement de 20 milliards F CFA (environ 30 millions d’euros) pour moderniser le terminal minéralier du Port d’Abidjan. L’objectif est de renforcer les capacités de manutention des vracs minéraux et d’accompagner la croissance des flux liés aux activités minières et industrielles en Côte d’Ivoire.

Selon une note d’information consultée le 12 mars 2026, un premier lot d’équipements a déjà été réceptionné par la société concessionnaire à travers sa filiale Terminal Vraquier Abidjan. D’une valeur estimée à 8 milliards de francs CFA, ce lot comprend notamment de nouvelles grues, portant désormais à neuf le nombre total d’engins de levage en service sur la plateforme portuaire. « Cet investissement confirme l’engagement du concessionnaire SEA-Invest à travers sa filiale Terminal Vraquier Abidjan et positionne le port d’Abidjan comme un acteur incontournable du vrac dans la chaîne logistique minière en Afrique de l’Ouest », souligne la note d’information.

Un programme de modernisation pour accompagner la croissance du vrac minéral

Le programme de modernisation prévoit également l’arrivée de nouveaux équipements spécialisés destinés à améliorer l’efficacité logistique du terminal. On peut citer, entre autres, deux trémies de dernière génération équipées de systèmes de captation de poussière, destinées au déchargement de matières premières utilisées dans l’industrie du ciment, notamment le clinker, le gypse, le laitier et le calcaire.

Deux barges de capacité supérieure à celles actuellement exploitées viendront également renforcer le dispositif logistique du terminal. Ces équipements doivent permettre d’accélérer les opérations de chargement et de déchargement des navires vraquiers, tout en répondant aux exigences environnementales croissantes liées à la manutention des matières premières en vrac. Pour les compagnies minières et les cimenteries qui utilisent la plateforme portuaire, ces investissements devraient se traduire par des temps d’escale réduits, une optimisation des coûts logistiques et une fiabilité accrue de la chaîne d’approvisionnement.

Un soutien direct à l’essor du secteur minier ivoirien

La directrice générale de SEA-Invest Côte d’Ivoire, Myriam Ouassenan, a souligné que cet investissement s’inscrit dans une stratégie d’accompagnement de la croissance du secteur minier ivoirien.

« Cet investissement de 20 milliards de francs CFA traduit notre engagement à long terme en Côte d’Ivoire. En modernisant le terminal minéralier d’Abidjan, nous accompagnons la croissance du secteur minier ivoirien et nous contribuons à faire du port d’Abidjan une référence en Afrique de l’Ouest », a-t-elle déclaré.

Cette dynamique intervient dans un contexte de forte progression de l’activité minière dans le pays. Selon les données sectorielles citées dans la note, la contribution du secteur minier à l’économie nationale est passée d’environ 1 % du produit intérieur brut il y a une dizaine d’années à près de 5 % aujourd’hui, tandis que les exportations minières représentent près de 13 % des exportations totales du pays.

Or, cette croissance rapide se heurte encore à certaines contraintes logistiques. Sans infrastructures portuaires capables d’absorber l’augmentation des volumes, le potentiel minier du pays pourrait rester limité. Dans ce contexte, la modernisation du terminal minéralier apparaît comme un levier stratégique pour accompagner l’expansion de l’industrie extractive.

Un terminal déjà performant sur le corridor ivoirien

Selon les responsables de SEA-Invest, le terminal vraquier du port d’Abidjan traite déjà plus de 9 millions de tonnes de marchandises par an. Depuis novembre 2024, il accueille également des navires de type Capesize, capables de transporter plus de 100 000 tonnes de cargaison.

« Ces navires peuvent être manutentionnés en seulement quatre jours grâce au système de transbordement lagunaire par barges que nous avons implanté depuis 2021 », a précisé Myriam Ouassenan, estimant que cette performance illustre le niveau d’efficacité atteint grâce aux investissements déjà réalisés sur le terminal.

Au-delà de l’amélioration des performances portuaires, ce investissement vise également à renforcer l’attractivité du corridor ivoirien pour les compagnies minières de la sous-région. Un port plus performant permet en effet de réduire les coûts logistiques, d’améliorer la compétitivité des minerais ivoiriens sur les marchés internationaux et d’accroître les recettes économiques liées aux activités portuaires.

Un acteur important de la logistique portuaire

Fondé en 1925, le groupe SEA-Invest figure aujourd’hui parmi les leaders mondiaux de la manutention du vrac et de la logistique portuaire. Présent dans 25 ports sur deux continents, il traite plus de 100 millions de tonnes de marchandises par an, couvrant plusieurs segments : vrac sec, vrac liquide, fruits, breakbulk et conteneurs.

En Côte d’Ivoire, le groupe exploite le terminal minéralier du port d’Abidjan depuis 2018 et développe également des activités au port de San-Pedro. À travers ses différentes filiales, SEA-Invest dispose d’environ 385 000 m² de capacité de stockage et génère plus de 1 000 emplois directs et indirects dans le pays.

Depuis 2008, le groupe indique avoir injecté plus de 200 milliards de francs CFA dans l’économie ivoirienne, à travers divers projets d’infrastructures et de modernisation logistique.

Avec ce nouvel investissement de 20 milliards de francs CFA, SEA-Invest entend ainsi consolider la position du port d’Abidjan comme plateforme logistique stratégique pour les flux miniers et industriels en Afrique de l’Ouest, tout en accompagnant la transformation économique de la Côte d’Ivoire.

Estelle KONKOBO

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