La 4ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), tenue le 30 décembre 2025, à Cotonou, au Bénin, s’est achevée sur plusieurs décisions importante, qui traduisent la volonté des États membres de consolider la stabilité macroéconomique de l’Union et de renforcer la résilience de leurs économies face aux défis conjoncturels et structurels.

Les autorités de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ont en ligne de mire le renforcement de l’intégration sous-régionale. Et cela passe par l’élaboration et la mise en œuvre des réformes nécessaires pour le renforcement de la stabilité macroéconomique, la consolidation de la convergence des politiques économiques et le bon fonctionnement des organes et institutions de l’Union. Les décisions issues de la 4e session ordinaire du Conseil des Ministres de l’UEMOA, tenue le 30 décembre 2025, à Cotonou, au Bénin, et présidée par le ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, Dr Aboubakar Nacanabo, s’inscrivent dans cet élan.

Parmi les décisions phares figure la révision du taux d’usure dans l’UMOA. Le plafond applicable aux banques connait une baisse d’un point, en passant de 15 % à 14 %, tandis qu’il est maintenu à 24 % pour les établissements financiers de crédit, les institutions de microfinance et les autres agents économiques. Le taux d’usure correspond au taux maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer lorsqu’ils offrent un prêt. Après plus d’une décennie d’application dans l’espace communautaire, sa révision s’avérait nécessaire pour ainsi tenir compte des évolutions qu’a connues le système bancaire et financier de l’Union ces dernières années.

Une BOAD solide

Cette mesure vise donc à améliorer l’alignement des plafonds réglementaires, à renforcer l’inclusion financière, à soutenir le financement des économies et à garantir une meilleure protection des consommateurs au sein de l’Union.

La session a également permis l’adoption du rapport sur la situation économique et monétaire de l’UEMOA au 30 septembre 2025, ainsi que du cadrage macroéconomique pour la période 2025-2030. Ces documents de référence offrent une lecture approfondie des performances économiques et financières des États membres et constituent une base essentielle pour l’élaboration de politiques économiques cohérentes, réalistes et prospectives.

Le ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, Dr Aboubakar Nacanabo, Président du Conseil des Ministres de l'UEMOA, a indiqué que l'Union doit poursuivre dans la dynamique de la consolidation des acquis, dans les efforts de mobilisation des ressources, de gestion de la dette et dans les investissements sociaux au profit des populations.

 

Le Conseil a par ailleurs approuvé les perspectives financières actualisées 2026-2030 de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), fixant des objectifs clairs et des modalités d’intervention adaptées, afin de permettre à l’institution de poursuivre sa mission tout en préservant durablement ses équilibres financiers. « Ces perspectives montrent que la BOAD a une très forte capacité de mobilisation des ressources, avec un niveau de fonds propres très élevé ; ce qui va lui permettre d’injecter plus de ressources dans l’espace et permettre aux pays de réaliser d’importants projets, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire », a confié le ministre Nacanabo.

Pour ce qui est de la Commission de l’UEMOA, les ministres ont adopté le rapport d’exécution de la surveillance multilatérale pour le second semestre 2025, un document qui éclaire les tendances macroéconomiques à moyen terme et met en évidence les dynamiques de transformation structurelle des économies de l’Union. Face au service de la dette qui demeure élevé, ils se sont également penchés sur les mesures à prendre pour une bonne maitrise de la dette publique dans l’Union.

« Accélérer, innover et oser davantage »

Ils ont enfin été adoptés le règlement portant collectif budgétaire pour l’exercice 2025, le budget des Organes de l’UEMOA au titre de l’exercice 2026, le rapport de la Cour des comptes de l’Union pour l’exercice 2024, ainsi que la décision révisée portant instauration d’une indemnité annuelle de fonction pour les membres du Collège de l’Autorité des Marchés Financiers de l’UEMOA (AMF-UEMOA).

Le président du Conseil des ministres de l’UEMOA, Dr Aboubakar Nacanabo, a dressé les défis auxquels l’Union est appelée à faire face, en dépit d’une conjoncture marquée par des signaux positifs en matière de stabilité monétaire et de croissance. Il s’agit de l’insécurité au niveau de la sous-région, des tensions géopolitiques, des effets du changement climatique et des pressions sociales accrues. Pour y répondre au mieux et renforcer la résilience économique de l’Union, il y a trois leviers prioritaires à savoir l’audace dans les réformes, la solidarité entre États membres et la discipline dans les politiques publiques, a-t-il souligné. « L’Union a démontré qu’elle sait réussir. Désormais, elle doit accélérer, innover et oser davantage pour offrir à nos peuples stabilité, prospérité et espoir partagé », a indiqué Dr Nacanabo. Pour cela, elle doit poursuivre dans la dynamique de consolidation des acquis, dans les efforts de mobilisation des ressources, de gestion de la dette et dans les investissements sociaux au profit des populations, a-t-il conclu.

Synthèse de la Rédaction

 

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