Le Trésor public sénégalais a une nouvelle fois démontré sa capacité à lever des ressources significatives sur le marché régional. À l’issue de l’adjudication simultanée de Bons et d’Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT) organisée le 30 janvier 2026, Dakar a mobilisé 125,72 milliards de FCFA, dépassant de 5,7 milliards de F CFA l’objectif initial de 120 milliards F CFA.
Le Sénégal vient de réussir un important coup sur le marché financier UMOA-Titres dans un contexte de tensions accrues sur les besoins de financement des États de l’Union monétaire. Le pays de la Teranga a pu mobiliser 125,7 milliards F CFA pour un besoin exprimé de 120 milliards F CFA, démontrant que la signature sénégalaise continue de susciter un intérêt soutenu auprès des investisseurs régionaux.
L’émission, structurée autour de quatre instruments un BAT à 364 jours et trois OAT de maturités 3, 5 et 7 ans a enregistré une demande globale de 142,09 milliards de F CFA, correspondant à un taux de couverture de 118,41 %. Les autorités ont retenu 88,48 % des soumissions, traduisant une gestion prudente de l’arbitrage entre volume levé et conditions de financement.
Dans le détail, les investisseurs ont massivement privilégié les instruments de court terme. Le BAT à 364 jours concentre à lui seul 113,31 milliards de F CFA, avec un rendement moyen pondéré (RMP) de 7,16 %. Cette orientation reflète la préférence actuelle du marché pour des horizons courts, dans un contexte d’incertitude macroéconomique et de gestion active des liquidités.
Prudence marquée sur les maturités longues
Les titres à moyen et long terme ont suscité un intérêt plus modéré. L’OAT de 3 ans a permis de lever 8,16 milliards de FCFA à un RMP de 7,82 %, tandis que l’OAT de 5 ans a mobilisé 4,24 milliards de F CFA à un RMP de 7,75 %. En revanche, l’OAT de 7 ans n’a enregistré aucune souscription, illustrant la réticence persistante des investisseurs à s’engager sur des maturités longues dans les conditions actuelles du marché régional.
Autre fait important de cette adjudication, la participation d’investisseurs issus de l’ensemble des huit États membres de l’UMOA, une configuration relativement peu fréquente. Le Bénin arrive en tête des souscriptions avec 22,92 milliards de F CFA, suivi de la Côte d’Ivoire (16,23 milliards) et du Sénégal (12,54 milliards). Les autres contributions proviennent du Mali (6,5 milliards), du Burkina Faso (6 milliards), du Niger (1 milliard), de la Guinée-Bissau (0,5 milliard) et du Togo (0,06 milliard).
Cette opération consolide la position du Sénégal parmi les signatures souveraines les plus actives et les plus suivies du marché régional. Elle illustre également le rôle structurant du marché UMOA-Titres dans les stratégies de financement des États, à un moment où la maîtrise des coûts, la diversification des maturités et la soutenabilité de la dette publique restent au cœur des préoccupations économiques.
Estelle KONKOBO






