Dans un souci de renforcement des instruments financiers régionaux et de soutien au secteur privé, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a procédé le jeudi 12 mars 2026 à Cotonou à l’admission à sa cote des obligations issues du Fonds Commun de Titrisation de Créances (FCTC) « Keur Samba NSIA Banque Bénin », marquant une nouvelle étape dans le développement du marché financier régional.
Cette première cotation concernait deux tranches de l’opération pour un montant total de 44 milliards F CFA. La tranche senior, d’un montant de 34 milliards de FCFA, est rémunérée à 7 % sur la période 2025-2030, tandis que la tranche mezzanine, de 10 milliards F CFA, est rémunérée à 9 % sur la même période. Cette émission, conçue pour soutenir le financement des PME dans la sous-région, a bénéficié d’un soutien massif d’investisseurs institutionnels internationaux et régionaux, parmi lesquels figurent la Société Financière Internationale (IFC), British International Investment (BII) et la Banque Ouest‑Africaine de Développement (BOAD).
Lors de la cérémonie de cotation, le Directeur Général de la BRVM, Dr Edoh Kossi Amenounvé, a souligné que « la titrisation de créances constitue un instrument financier moderne et stratégique, permettant aux institutions financières de transformer leurs actifs en liquidités, de diversifier leurs sources de financement et de mobiliser des capitaux au service de l’économie réelle ». Il a salué la structuration de l’opération réalisée par BOAD Titrisation, avec l’accompagnement des Sociétés de Gestion et d’Intermédiation NSIA Capital et SGI AGI, ainsi que l’engagement de NSIA Banque Bénin.
Une opération de 52 milliards de FCFA
Cette opération constitue une première au Bénin et s’inscrit dans le cadre du programme Keur Samba, mis en place par la BOAD. Elle a permis de mobiliser 52 milliards de FCFA, dépassant l’objectif initial grâce à un niveau de souscription de 60 milliards de FCFA, soit une sursouscription de 15 %, selon les indications d’Anicet Patrick Okoma, Directeur Général de NSIA Banque Bénin. Cette réussite traduit l’attrait croissant des investisseurs pour les instruments financiers structurés dans l’espace UEMOA et devrait élargir les capacités de financement disponibles pour l’économie nationale.
Le DG de la BRVM a par ailleurs insisté sur la dimension stratégique de la titrisation. « Ce mécanisme permet aux banques de transformer certains actifs en liquidités immédiates et de libérer ainsi de nouvelles capacités de financement pour les entreprises, notamment les PME », a-t-il expliqué, soulignant la complémentarité entre le système bancaire et le marché financier régional. Selon lui, ces instruments innovants renforcent la crédibilité et l’attractivité de la BRVM auprès des investisseurs locaux et internationaux.
L’opération a également bénéficié du soutien de plusieurs partenaires financiers internationaux. Karine Bachongy, représentante résidente de la Banque mondiale au Bénin, a indiqué que « cette opération innovante positionne clairement le Bénin comme un acteur crédible et ambitieux des marchés financiers régionaux ». La SFI (IFC) a notamment souscrit à hauteur de 14 milliards F CFA dans la tranche senior, contribuant à mobiliser 38 milliards de FCFA supplémentaires auprès d’autres institutions de développement. Près de 30 milliards de FCFA seront orientés vers des entreprises détenues ou dirigées par des femmes, et au moins 10 % des fonds financeront des projets liés à la finance climatique.
Cette opération constitue le troisième compartiment du programme Keur Samba, après deux transactions réalisées en Côte d’Ivoire, et confirme l’essor des instruments financiers innovants dans la zone UEMOA. Elle illustre l’engagement de la BRVM et de ses partenaires à développer un marché financier régional dynamique, capable de soutenir durablement le financement des PME et d’accompagner la croissance économique dans la sous-région.
En clôture de la cérémonie, les intervenants ont réaffirmé leur volonté de poursuivre l’innovation financière et de consolider le rôle du marché financier régional comme levier de financement stratégique pour l’économie réelle.
Estelle KONKOBO






