La Chambre des Mines du Burkina (CMB) a officiellement installé son nouveau bureau de 29 membres présidé par Souleymane Boly, ce 12 juin 2026, à Ouagadougou, lors d'une cérémonie solennelle marquant le début d'une nouvelle dynamique pour le secteur extractif national. Sous la présidence du ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières, représenté par le Ministre délégué chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, le M. Boly a succédé à Ousséni Derra avec l'ambition de renforcer l'ancrage de l'industrie minière dans le développement durable du pays. Ce nouveau conseil d'administration, composé de vingt-quatre élus par leurs pairs et cinq représentants de l'État, s'engage pour les prochaines années dans une feuille de route axée sur la transparence et l'innovation.
Dans un contexte d’enjeux et de défis multiples, l'industrie extractive burkinabè franchit une étape charnière de son évolution institutionnelle avec l’entrée en fonction d’une nouvelle dirigeante appelée à présidée à la destinée de la Chambres des Mines du Burkina (CMB) au cours des trois prochaines années. En effet, à suite de l’élection, le 30 avril dernier, du nouveau bureau de la CMB, les acteurs majeurs du secteur se sont réunis ce vendredi 12 juin 2026 pour la cérémonie d’installation de ce nouveau Conseil d’Administration, désormais investi de la mission de porter les intérêts des entreprises minières et contribuer à renforcer l’impact du secteur sur développement socioéconomique du Burkina Faso.
Cette cérémonie consacre la volonté de la Chambre des Mines de s'affirmer non seulement comme un partenaire économique de premier plan, mais aussi comme un acteur socialement responsable et intégré.
Le nouveau Président de la CMB, Souleymane Boly, a placé son mandat sous le signe de l'engagement collectif et de l'action concrète pour lever les défis auxquels l’industrie minière est confrontée. « Le mandat qui s'ouvre sera placé sous le signe du dialogue, de la responsabilité partagée et de l'action ». L’objectif est de transformer les défis en opportunités de croissance, et cela à travers une vision bien assumée. « En acceptant cette responsabilité, nous nous inscrivons résolument dans une dynamique de continuité, mais également d'ouverture, d'innovation et de transformation. Notre ambition est claire : faire du secteur minier un levier encore plus puissant pour le développement durable du Burkina Faso », a-t-il confié.
Quatre priorités stratégiques
Cette volonté de bâtir une industrie minière burkinabè, véritable moteur de croissance durable et inclusive, passe par quatre priorités stratégiques. A commencer par la promotion du secteur extractif national, en renforçant son attractivité, pour ainsi stimuler les investissements et davantage porter le Burkina Faso sur l’échiquier minier régional et international. Pour ce faire, la Semaine des Activités Minières d'Afrique de l’Ouest (SAMAO), dont la 8e édition est prévue en septembre prochain, constitue un tremplin.
Le président de la CMB, Souleymane Boly entend mettre son mandat à profit pour rassembler tous les acteurs des mines au service du développement national.
La deuxième priorité du Président Boly porte sur le développement du capital humain, le renforcement de l’expertise nationale, avec à la clé l’ambitieux projet de création d'une école des métiers de la mine, en partenariat avec les pouvoirs publics et la société civile. Il a justifié ce choix par la nécessité de répondre aux besoins réels des entreprises via des formations certifiantes de courte durée.
« Nous sommes peut-être les mieux placés pour savoir quels sont les besoins exacts de l’industrie et comment y répondre à travers des formations qui permettront directement de renforcer l’employabilité des jeunes », a-t-il a précisé. L’objectif est de contribuer à la formation d'une nouvelle génération de techniciens, d'opérateurs et de professionnels qualifiés capables d'accompagner du développement de notre industrie minière.
La troisième priorité stratégique vise à asseoir un arrimage des investissements sociétés minières aux priorités nationales. L’ambition ici est de sortir d’une perception d’un secteur fonctionnant en vase clos, avec ses propres logiques, ses propres temporalités, ses propres intérêts. « Il nous appartient donc de créer une meilleure cohérence entre les initiatives du secteur minier industriel et les orientations stratégiques de l'État, notamment celles définies par le Plan national de développement RELANCE », a été on ne peut plus clair le nouveau Président de la CMB.
Comme quatrième priorité, le nouveau bureau entend jouer pleinement sa partition dans l'accompagnement de l'organisation et l'engagement de l'artisanat minier.
Faire autrement le contenu local
Et pour une meilleure visibilité de l’impact de l’industrie minière sur le quotidien des Burkinabè et une meilleure orientation et planification des investissements, Souleymane Boly envisage de mettre en place un répertoire sectoriel documentant précisément les contributions économiques et sociales des mines, car selon lui, ces apports réels dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de l’entrepreneuriat local, sont souvent méconnus, faute de données agrégées et fiables. Mieux, il faut sortir d’un modèle de contenu local réduit à sa dimension administrative, à la conformité légale, pour en faire une stratégie d’entreprise à fort impact, a-t-il soutenu.
La nouvelle équipe de la CMB est une mosaïque de compétences qui se rejoignent pour mieux faire profiter le potentiel minier au développement du pays.
Ces nouvelles ambitions affichées s’appuieront sur le solide héritage laissé par le Président sortant, Ousséni Derra, dont le mandat a été marqué par une participation active à plus de dix cadres de dialogue avec l'État.
Les trois dernières années de l'équipe précédente ont été marquées par des réformes majeures sur la gouvernance du secteur, avec notamment l'adoption du nouveau Code minier et du nouveau cadre réglementaire sur le contenu local, des jalons essentiels pour la souveraineté économique su pays.
L'équipe sortante s’est aussi illustrée à travers l’organisation d'événements thématiques stratégiques tels que le forum sur le financement du contenu local en 2024 et la journée consacrée aux métiers de la mine en 2025 ainsi que le renforcement du positionnement de la CMB comme force de proposition et partenaire fiable auprès des pouvoirs publics.
Tout en réitérant sa disponibilité à accompagner la nouvelle équipe, M. Derra a encouragé ses successeurs à mettre en lumière le potentiel minier national à travers l’innovation et la solidarité, car, a-t-il souligné, « le secteur minier dispose d'importantes opportunités de développement pour qui sait les saisir avec détermination ».
Trois compétences féminines sur 29 pour relever les défis
Par la voix du ministre Amadou Dicko, le gouvernement a salué le travail remarquable accompli par le bureau sortant, malgré un contexte de défis majeurs. Il a assuré la nouvelle équipe de la disponibilité constante des plus hautes autorités à bâtir davantage un partenariat fondé sur la confiance mutuelle.
« Ensemble, nous devons continuer à œuvrer pour une industrie minière performante, résiliente, créatrice de valeur et générant davantage de bénéfices au profit des populations burkinabè », a-t-il confié. Cette orientation gouvernementale appelle la Chambre des Mines à demeurer une force de proposition privilégiée pour la mise en œuvre de la vision minière nationale, eu égard à la place stratégique qu’occupe le secteur minier pour le développement économique et social du pays.
Le nouveau Conseil d’Administration de la CMB est riche de 29 compétences aux profils diversifiés, incluant des dirigeants de groupes internationaux tels que Endeavour Mining, IAMGOLD Essakane SA, West African Resources ou Nordgold. Le Conseil comprend des commissions spécialisées axées sur la recherche géologique, la RSE et communication, l’environnement, la santé et sécurité, la fiscalité et législation, les ressources humaines.
On y compte également trois compétences féminines, à savoir la Directrice des affaires corporatives de IAM GOLD Essakane SA, Blandine Kaboré, la Directrice générale de Aurora Drilling Services, Maryse Sedogo, et la Promotrice de 3M Solutions, Windinso Agathe Nacro. Une pluralité de compétences et d’expertises perçue comme un atout majeur pour relever les nombreux défis comme, entre autres, l’amélioration de l’image du secteur vis-à-vis de l’opinion publique, la cohabitation avec l'artisanat minier, l'ancrage définitif du contenu local dans l'économie nationale.
Mouni N’GOLO




