Dans un contexte marqué par la volonté politique affichée de promouvoir le contenu local dans le secteur minier burkinabè, West Africa United Driving (WAUD) s’illustre comme l’un des exemples emblématiques de cette dynamique entrepreneuriale nationale dans ce domaine stratégique. Cette entreprise nationale de forage minier a été fondée en 2022 par Vincent Ouédraogo. Gestionnaire des équipements miniers de formation, ingénieur et entrepreneur totalisant plus de dix années d’expérience dans le forage et l’exploitation minière, et ancien General Manager d’une multinationale canadienne, il est de cette génération de jeunes entrepreneurs qui cassent les codes pour donner une autre image, respectable et respectée, du continent, de l’entrepreneuriat africain, surtout dans le secteur minier. WAUD opère aujourd’hui dans le forage minier mais également dans les opérations d’exploration, de transport des minéraux et l’assistance technique sur site, au Burkina Faso et dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine. Dans cette interview accordée à C’Finance, M. Ouédraogo revient sur son parcours, la création de WAUD, les défis techniques et humains du forage minier, ses projets et ambitions avec son entreprise, le nouveau cadre juridique du secteur minier burkinabè, les opportunités liées au contenu local. Il se prononce également sur l’obstacle systémique que constitue l’accès au financement pour les entreprises minières locales, et dégage des pistes pour l’émergence des champions nationaux voire régionaux dans le secteur minier.
C’Finance (C.F) : Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours professionnel dans le secteur minier ?
V. O. (Vincent Ouédraogo) : Je suis Vincent Ouédraogo, entrepreneur burkinabè évoluant dans le domaine du forage minier et de l’exploitation minière. Le forage minier constitue notre tradition et notre cœur de métier. J’ai commencé à travailler dans ce secteur il y a plus de dix ans, au Burkina Faso et à l’international, au sein de grandes sociétés minières. Ce parcours m’a permis d’acquérir une solide expérience technique, mais aussi managériale. J’ai notamment occupé le poste de General Manager d’une multinationale canadienne opérant au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest. Cette responsabilité m’a donné une vision globale de la chaîne de valeurs minière, des exigences opérationnelles, mais aussi des rapports de force économiques qui structurent le secteur. C’est sur cette base que j’ai décidé de créer ma propre entreprise.
C’F : Vous êtes le CEO de West Africa United Driving (WAUD). Pouvez-vous nous en dire plus sur cette société opérant dans le forage minier ?
V. O. : WAUD est née dans un contexte très précis, celui de la volonté affichée par l’État burkinabè de promouvoir le contenu local à travers les réformes du Code minier. L’objectif était de permettre aux entreprises nationales de jouer un rôle plus important dans un secteur historiquement dominé par les multinationales.
Étant déjà professionnels du forage et des opérations minières, nous avons estimé qu’il était de notre responsabilité de répondre à cet appel. La société a donc été créée en 2022 avec une mission claire : celle d’accompagner les projets miniers tout en démontrant que l’expertise locale peut répondre aux standards internationaux. Depuis sa création, l’entreprise évolue de manière positive et nous ambitionnons de renforcer davantage notre position.
Notre activité principale demeure le forage minier, qui est le socle de notre expertise. Progressivement, nous avons étendu nos interventions vers l’exploitation minière, notamment les opérations d’exploration, de transport des minéraux et l’assistance technique sur site. Nous disposons également d’une équipe d’ingénieurs spécialisés qui interviennent sur l’ensemble des opérations minières. Cette approche intégrée nous permet d’offrir des services complets, adaptés aux besoins des exploitants.
C’F : Pourquoi avoir choisi d’investir dans le forage minier, un segment particulièrement exigeant ?
V. O. : Le choix du forage minier est avant tout un choix de cohérence et de maîtrise. C’est un métier que nous connaissons parfaitement et dans lequel nous avons accumulé de l’expérience pendant plus d’une décennie.
Lorsque l’on crée une entreprise dans un secteur aussi capitalistique et risqué que le secteur minier, il est essentiel de s’appuyer sur un domaine de compétence solide, un domaine que tu maitrises bien. Nous avons donc commencé par le forage avant d’évoluer progressivement vers d’autres segments de l’exploitation.
C’F : Le forage minier requiert des compétences pointues et des technologies coûteuses. Comment WAUD a-t-elle pu relever ce défi ?
V. O. : Nous avons fait le choix d’investir simultanément dans trois dimensions : les équipements, les compétences humaines et les procédures.
Nous acquérons des équipements modernes et adaptés, nous investissons dans la formation continue de nos équipes et nous appliquons strictement les normes techniques et opérationnelles, qu’elles soient nationales ou internationales. Cette rigueur est indispensable pour garantir la sécurité, la performance et la crédibilité de notre entreprise.
CF : L’accès au financement est considéré comme l’un des principaux freins à l’entrée des nationaux dans le secteur minier, vu comme un secteur très capitalistique. A West African United Drilling, comment avez-vous pu faire face ce défi financier ?
V. O. : On dit souvent qu’on peut démarrer un même projet avec 100 000 dollars ou avec zéro franc. À WAUD, nous avons démarré avec zéro. Cela peut paraître paradoxal, mais c’est une réalité. Nous avons avancé progressivement, en mobilisant nos fonds propres, en bénéficiant de quelques accompagnements locaux et surtout en construisant notre crédibilité technique sur le terrain.
Chaque contrat correctement exécuté renforçait notre réputation, mais cela n’a jamais véritablement ouvert les portes du financement bancaire classique.
C’F : Quelles institutions financières vous accompagnent aujourd’hui ?
V. O. : Vista Bank a été notre premier partenaire bancaire officiel. Nous sommes également accompagnés par Coris Bank International. Des discussions sont en cours avec la Banque Of Africa également.
C’F : WAUD intervient sur plusieurs projets miniers en Afrique. Si ce n’est pas un secret, quels sont les projets miniers dans lesquels WAUD est-elle impliquée ?
V. O. : Pour des raisons de confidentialité, je ne peux pas citer les projets ni les clients. Toutefois, nous opérons dans tous les quatre coins du Burkina, dans plusieurs pays du continent, soit directement, soit à travers des partenariats avec d’autres entreprises minières. Nous sommes déjà officiellement présents en Côte d’Ivoire et en Guinée-Conakry.
C’F : La sécurité, la santé et l’environnement sont des défis majeurs dans le forage minier. Quels dispositifs WAUD met-elle en place pour répondre au mieux aux exigences et standards en la matière ?
V. O. : La santé, la sécurité et la protection de l’environnement sont non négociables, ce sont des priorités absolues. Nous avons un département spécialisé et structuré, des outils adaptés et des procédures claires et strictes en la matière.
La formation est quotidienne, avec des briefings avant chaque prise de poste et des rappels permanents sur les comportements à adopter. La prévention est la clé.
C’F : Dans un contexte régional et international marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques, comment WAUD s’y adapte-t-elle pour assurer la continuité et la qualité de ses activités ?
V. O. : Nous faisons preuve d’une grande capacité d’adaptation. Les défis sont nombreux : réticence des partenaires financiers, difficultés d’approvisionnement, contraintes sécuritaires. Malgré tout, nous continuons à accompagner l’État et les populations, car abandonner n’est pas une option.
C’F : Après trois années d’existence, quel bilan faites-vous de la présence de WAUD sur le secteur minier burkinabè ?
V. O. : Au départ, j’étais l’acteur principal, et je le suis toujours. Mais, si je fais un retour en arrière, avant la création de West Africa United Driving, aujourd’hui, la réalité est toute autre parce que plus de 100 personnes travaillent avec nous, de manière directe ou indirecte. Je suis convaincu qu’il y a un impact social réel. Je suis également convaincu que nous avons un impact concret sur le terrain, à travers nos activités dans le domaine dans lequel nous intervenons. Pour conclure sur ce point, je dirais que le bilan est globalement positif et rassurant.
C’F : Quelles sont vos ambitions à l’échelle régionale et internationale ?
V. O. : S’agissant de nos projets et ambitions, notamment en Côte d’Ivoire et à l’international, il faut préciser que nous sommes déjà officiellement créés dans ces espaces. Nous ne sommes pas encore pleinement installés, mais les structures juridiques et opérationnelles existent. À court terme, notre priorité est de stabiliser et consolider nos activités au Burkina Faso, en tenant compte des défis auxquels nous faisons face.
CEO de West Africa United Driving, Vincent Ouédraogo: "le potentiel est là. Ce qu’il faut, c’est un accompagnement réel des entreprises locales. Il faut mettre en place des projets spécifiques à ce niveau et surtout des plateformes capables d’encourager les institutions financières à faire confiance et à accompagner les entreprises nationales".
À moyen terme, l’objectif est d’activer effectivement nos branches en Afrique de l’Ouest, déjà créées dans deux ou trois autres pays. Au regard de nos performances actuelles et de la dynamique enclenchée, je pense qu’à moyen terme, nous pouvons devenir une référence en Afrique de l’Ouest.
C’F : Pendant longtemps, on a reproché au secteur privé burkinabè de n’avoir pas les compétences techniques nécessaires pour répondre aux besoins des sociétés minières, au point que l’essentiel de la fourniture des biens et services miniers était assuré par des entreprises étrangères. Cette critique est-elle toujours d’actualité ou relève du passé, notamment dans le domaine du forage minier ?
V. O. : Oui, sans aucune ambiguïté. Il n’y a pas, à mon sens, de débat particulier à ce sujet. En revanche, je peux ajouter que tout cela relève avant tout d’une question de confiance. Si l’on remonte aux années 2012, 2013 ou 2014, on n’imaginait pas encore voir des nationaux à la tête de grandes entreprises opérant dans des secteurs structurants. À cette époque, la présence de compétences locales à des postes de direction était largement sous-estimée. Aujourd’hui, le constat est tout autre. Vous remarquerez que près de 50 % de ces sociétés dites “seniors” sont installées au Burkina Faso et qu’elles sont désormais dirigées par des Burkinabè, alors qu’au départ, ces entreprises ne confiaient pas la gestion à des locaux. Je prends mon propre parcours comme exemple. J’ai eu à gérer une société multinationale. À l’époque, cette éventualité paraissait presque impensable. Pourtant, au bout de six mois seulement, les résultats obtenus étaient très satisfaisants. Aujourd’hui, comme je l’ai déjà souligné, vous verrez que de nombreuses sociétés opérant au Burkina Faso sont dirigées par des Burkinabè. À ce niveau, cette critique tend clairement à s’estomper, car les compétences locales existent réellement, et ce dans tous les domaines du secteur minier et au-delà.
C’F : Engagée dans une politique de développement endogène et de souveraineté économique, le Burkina Faso s’est doté d’un nouveau code minier et d’une loi spécifique sur le contenu local depuis le 18 juillet 2024, suivi de l’adoption de leurs textes d’application, qui visent à maximiser les retombées du secteur minier pour le pays, à travers une meilleure appropriation de la chaine de valeurs minière par les nationaux. En tant qu’entreprise burkinabè opérant dans le secteur minier, comment avez-vous accueilli l’adoption de ces nouveaux textes juridiques ?
V. O. : Très favorablement, parce que l’annonce même de ces réformes, dès l’avant-projet, a été déterminante. Ce sont précisément ces réformes qui ont permis l’émergence de sociétés comme West Africa United Driving. Sans ce cadre, beaucoup d’initiatives locales n’auraient tout simplement pas vu le jour. Je pense sincèrement que ce sont ces réformes qui nous ont mis en avant et, dans une certaine mesure, qui nous protègent aujourd’hui. Elles créent un environnement minimal de sécurité pour les entreprises locales, dans un secteur historiquement dominé par les multinationales. Il faut être lucide : nos ambitions et nos projets ne sont pas suffisamment soutenus par le financement. Dans ce contexte, sans les réformes sur le contenu local, il serait extrêmement difficile pour nous de tenir. Nous serions exposés à une concurrence frontale avec des multinationales disposant de moyens financiers, techniques et logistiques largement supérieurs. Sans ce cadre réglementaire, beaucoup d’entreprises locales disparaîtraient, non pas par manque de compétences ou de vision, mais simplement parce que les multinationales reviendraient occuper tout l’espace, rendant impossible la survie des acteurs nationaux.
C’F : Malgré ce cadre juridique propice, y a-t-il encore des obstacles qui limitent l’entrée des nationaux dans le secteur minier, qu’il s’agisse des investissements directs ou par la sous-traitance, la fourniture locale des biens et services miniers ?
V. O. : Le problème, tout le monde le dira, c’est pratiquement le même. À mon avis, il est essentiel qu’il existe de véritables plateformes d’échange et d’accompagnement, car le besoin est réel. Les entreprises locales existent, les compétences sont bien présentes et les projets sont concrets. Le financement reste le principal verrou. Les projets existent, les compétences sont là, mais le soutien financier ne suit pas. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir un projet conçu pour être réalisé en deux ans s’étaler sur dix ans, simplement parce que les moyens financiers nécessaires ne sont pas mobilisés au bon moment. Cela ralentit la croissance, fragilise les entreprises et décourage parfois les initiatives. Pourtant, à mon sens, les indicateurs sont au vert. Le potentiel est là. Ce qu’il faut, c’est un accompagnement réel des entreprises locales. Il faut mettre en place des projets spécifiques à ce niveau et surtout des plateformes capables d’encourager les institutions financières à faire confiance et à accompagner les entreprises nationales. En définitive, le principal défi aujourd’hui reste clairement l’accès au financement. Comme je l’ai déjà indiqué, nous avons commencé ici avec zéro, et, uniquement sur la base de la compétence technique et du travail, nous sommes parvenus aux résultats que vous voyez aujourd’hui. Je pense que l’historique que nous avons construit, tout comme celui de nombreuses autres entreprises locales, est solide et crédible. Ces parcours devraient logiquement permettre un accompagnement financier structuré, afin que nous puissions atteindre nos objectifs et changer d’échelle.
C’F : Selon vous, le contenu local dans le secteur minier peut-il contribuer à l’industrialisation du Burkina Faso et à une meilleure redistribution des retombées minières ?
V. O. : Oui, au stade où nous en sommes aujourd’hui, de manière globale au Burkina Faso, nous sommes déjà au-delà de 70 % d’industrialisation du secteur minier dans notre domaine, portée par des acteurs locaux. Lorsque l’on me demande de développer ce point, il est important de préciser le cadre. Nous parlons ici, à titre d’exemple, de West Africa United Driving. Comme son nom l’indique, notre activité est fortement orientée vers le forage minier, qui constitue un segment très complet de la chaîne minière.
Mais au-delà du forage et de l’exploration, nous sommes également des acteurs de la recherche minière. Aujourd’hui, au Burkina Faso, il existe des cabinets de géologie spécialisés, avec de nombreux géologues très expérimentés, parfois avec 30 à 40 ans d’expérience. Or, la base même de l’industrie minière, c’est l’exploration. À ce niveau, la fondation est déjà solide. Au-delà de l’exploration, le pays compte aujourd’hui une dizaine de mines en activité. Cela signifie que nous intervenons à la fois sur l’exploration et sur l’exploitation. À mon sens, cela traduit un niveau d’industrialisation déjà avancé. La question n’est donc pas tant de savoir si l’industrialisation existe, mais plutôt de comprendre à quel niveau de la chaîne de valeur nous voulons aller plus loin. Si l’on parle maintenant des équipements et du matériel, je dirais que c’est un défi tout à fait accessible. À ce sujet, j’aimerais ajouter un élément important concernant West Africa United Driving. Nous portons actuellement un projet que certains pourraient qualifier de modeste, mais qui, à mon sens, est stratégique. Nous utilisons des équipements de forage minier pour l’exploration. Au cours de notre parcours, nous avons eu l’opportunité de participer à l’assemblage des équipements que nous utilisons aujourd’hui. Fort de ma formation et de cette expérience, nous avons mis en place au sein de WAUD un département dédié, qui travaille actuellement sur l’étude et la mise en place de l’assemblage, voire de la conception, de nos propres équipements de forage au Burkina Faso. Ce projet est déjà en cours. Nous avons obtenu des résultats concrets issus de nos travaux de recherche et nous sommes déjà bien avancés dans la phase de conception. Si les conditions actuelles se maintiennent et que le projet évolue comme prévu, nous ambitionnons de présenter, d’ici la fin de l’année 2026, notre premier produit : une foreuse conçue à près de 80 % au Burkina Faso, avec, bien entendu, certains composants qui continueront de provenir de l’extérieur.
C’F : Pays minier, parmi les cinq les grands producteurs d’or d’Afrique, le Burkina manque encore de véritables champions nationaux dans ce secteur. Que faire pour accompagner l’émergence de ces champions nationaux voire régionaux ?
V. O. : Le Burkina Faso fait aujourd’hui partie des grands producteurs d’or en Afrique, mais il manque encore de véritables champions nationaux dans le secteur. Pour y parvenir, il faut une synergie entre l’État, les institutions financières, les partenaires techniques et les entrepreneurs locaux. Concernant le rôle de l’État, il est essentiel qu’il continue d’impulser une vision claire et de long terme en matière d’exploitation minière et d’innovation. Ces dernières années, des avancées ont été enregistrées et certains champions locaux commencent déjà à émerger, malgré un contexte sécuritaire difficile. Plusieurs sociétés seniors ont d’ailleurs été reprises par des acteurs locaux, ce qui est un signal encourageant. Du côté des institutions financières, le principal enjeu reste la confiance. Il est important qu’elles comprennent mieux le secteur minier et les réalités des projets afin de parler le même langage que les entrepreneurs. Le partage du risque est également fondamental : les entreprises locales prennent des risques sur le terrain, et les banques doivent accepter d’en prendre une part pour accompagner leur croissance. Enfin, les entrepreneurs miniers locaux ont démontré leur capacité à produire des résultats. Avec un accompagnement financier adapté, ces acteurs peuvent devenir, à terme, de véritables champions nationaux, voire régionaux.
C’F : Comment voyez-vous l’avenir du secteur minier burkinabè dans les prochaines années ?
V. O. : S’agissant des partenaires, je pense qu’ils ne doivent pas attendre que les entreprises locales viennent forcément vers eux. Ils peuvent aller au contact, se déplacer sur le terrain et nous découvrir réellement. Cette démarche permettrait de mieux comprendre nos réalités, nos contraintes et notre potentiel, et surtout de bâtir une relation de confiance, car, au final, tout est basé sur la confiance. Les sociétés locales méritent cette confiance, parce que nos projets sont concrets, nos besoins sont réels et les opportunités existent. Ce sont des occasions qu’il ne faut pas laisser passer. À défaut, on risque de continuer à entendre, demain, que les acteurs locaux ne sont pas capables, alors que le véritable obstacle reste l’accès au financement. C’est cet accès limité qui rend notre secteur particulièrement complexe, malgré l’existence de compétences, d’expériences et de résultats déjà prouvés sur le terrain.
Quant au message à l’endroit des jeunes, je dirais qu’ils doivent s’efforcer de répondre aux besoins réels du marché. Il faut travailler avec sérieux, persévérer malgré les difficultés, oser entreprendre et ne pas se décourager face aux obstacles. Avec de la détermination, de la discipline et de la patience, je suis convaincu que les efforts finiront par être récompensés.
Interview réalisée par Estelle KONKOBO







Comments est propulsé par CComment