La Direction générale du Budget (DGB) a ouvert, le mardi 3 février 2026 à Ouagadougou, la quatrième édition des Assemblées annuelles des Services du Budget (AASB). Cette rencontre de haut niveau, organisée par le ministère de l’Économie et des Finances réunit jusqu’au mercredi 4 février les acteurs centraux et régionaux de la chaîne budgétaire, des anciens responsables du département ainsi que des partenaires institutionnels, autour des enjeux liés à la décentralisation financière et à l’accompagnement des collectivités territoriales.
La Direction générale du Budget (DGB) assume une place stratégique dans le processus de décentralisation au Burkina Faso. Dans le souci de mieux définir ce rôle opérationnel, les travaux des quatrièmes Assemblées annuelles des Services du Budget (AASB), qui se tiennent les 3 et 4 février 2026 à Ouagadougou, sont consacrés à réaffirmer le rôle stratégique de la DGB dans le processus de décentralisation. Pendant 48 H, les participants vont discuter autour du thème « Rôle et place de la Direction générale du Budget dans le processus de décentralisation : acquis, enjeux et perspectives dans l’accompagnement des collectivités territoriales ».
Cette 4e édition des AASB se veut essentiellement un cadre d’analyse des mécanismes d’appui budgétaire aux collectivités territoriales, de capitalisation des acquis enregistrés. Elle sera le lieu aussi de dégager des perspectives opérationnelles pour une gestion plus efficace et plus transparente des finances publiques locales.
En ouvrant officiellement les travaux le mardi 3 février 2026, dans un contexte national marqué par des exigences accrues de rigueur budgétaire, de souveraineté économique et de renforcement de la gouvernance locale, la ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, représentant le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, a souligné la portée stratégique de ces assises, désormais institutionnalisées dans l’agenda de la Direction générale du Budget.
La ministre déléguée a noté l’importance particulière du thème de ces assises, dans la mesure où, a-t-elle souligné, la décentralisation constitue aujourd’hui un axe majeur de la gouvernance publique au Burkina Faso. Elle vise à rapprocher l’administration des citoyens, à renforcer la gouvernance locale et à promouvoir un développement territorial équilibré. Et dans cet élan, la DGB, en tant que bras technique du ministre chargé des finances pour la tutelle financière des collectivités territoriales, joue un rôle déterminant.
Cet accompagnement se traduit notamment par l’appui à l’élaboration et à l’exécution des budgets locaux, la mise à disposition des ressources financières, l’élaboration des textes et outils de gestion des finances locales, ainsi que la production de données statistiques fiables pour un meilleur pilotage des politiques publiques locales.
Fatoumata Bako/Traoré a également rendu hommage aux directeurs centraux et régionaux du Budget qui, au fil des années, ont assuré la tutelle financière des collectivités territoriales. « Leur engagement et leur expertise ont contribué à l’enracinement des principes de bonne gouvernance financière au niveau local », a-t-elle souligné, ajoutant que grâce à cet accompagnement technique, les budgets locaux sont aujourd’hui élaborés et exécutés dans le respect des règles de l’orthodoxie financière.
Selon la ministre déléguée, l’État burkinabè continue de consentir d’importants efforts financiers en faveur des collectivités territoriales à travers les transferts liés aux compétences transférées. Elle a reconnu que des ajustements récents ont été opérés, notamment la suspension provisoire de certains transferts et l’adoption d’un nouveau code des collectivités territoriales. Toutefois, elle a précisé que ces réformes visent à renforcer l’efficacité de la décentralisation et à garantir un développement local plus rapide et mieux maîtrisé.
Une exigence budgétaire ‘’décentralisée’’
Le contexte sécuritaire et économique exigeant implique davantage de rigueur dans la gestion des finances publiques et la ministre déléguée a expliqué que les efforts de rigueur devraient se poursuivre tout au long de cette année 2026. « Il n’y a pas de gestion rigoureuse des ressources publiques sans une bonne planification, une programmation budgétaire cohérente et un suivi permanent de l’exécution », a-t-elle affirmé.
Mme Bako a relevé qu’au cours des deux dernières années, une dynamique de rationalisation des dépenses de fonctionnement a permis de dégager davantage d’espace budgétaire pour les investissements structurants. Selon elle, cette exigence doit désormais s’imposer également aux collectivités territoriales, avec l’accompagnement rapproché de la Direction générale du Budget, afin que les ressources publiques profitent effectivement aux populations.
Elle a salué le travail accompli par la DGB sous la conduite de sa première responsable, Brigitte Marie Suzanne W. Compaoré Yoni, tout en mettant en exergue la mobilisation des anciens ministres et anciens responsables de la DGB.
Revenant sur les réformes engagées depuis 2017, Fatoumata Bako/Traoré a rappelé que le Burkina Faso s’est résolument inscrit dans une dynamique de modernisation de la gestion des finances publiques qui place désormais la direction générale du Budget dans une position centrale.
« Afin de mieux assumer sa mission, la DGB s’est dotée, depuis le 1er février 2020, d’un plan stratégique ambitieux visant à en faire une structure moderne, performante, transparente et accessible à ses usagers et partenaires », a-t-elle indiqué. C’est dans cette logique qu’a été instituée l’Assemblée annuelle des Services du Budget, dont les trois premières éditions, tenues en 2023, 2024 et 2025, ont permis d’engranger des acquis notables et de renforcer la culture du dialogue professionnel au sein de l’administration budgétaire.
Pour sa part, la Directrice Générale du Budget a exprimé sa reconnaissance au ministre de l’Économie et des Finances pour le soutien constant apporté à la Direction générale du Budget. « Je voudrais faire une mention spéciale à nos aînés qui ont contribué à écrire les lettres de noblesse de la Direction générale du Budget. Leur héritage constitue pour nous un repère et une responsabilité que nous nous engageons à préserver à travers une pratique professionnelle vertueuse », a-t-elle déclaré.
Mme Compaoré a par ailleurs rappelé que la DGB fonde son action sur des valeurs cardinales telles que le professionnalisme, la transparence, l’anticipation, l’esprit d’équipe et la solidarité. « La promotion et le respect de ces valeurs ont permis de créer une synergie d’actions et un dynamisme interne qui se traduisent, chaque année, par des résultats probants », a-t-elle soutenu. À titre illustratif, elle a indiqué que les activités inscrites dans le Plan de travail annuel 2025 du ministère de l’Économie et des Finances ont été exécutées à 98,91%, tandis que la lettre de mission a été réalisée à 100 % au 31 décembre 2025.
Une décentralisation plus cohérente et efficace dans l’espace AES
Selon Brigitte Marie Suzanne W. Compaoré Yoni, l’Assemblée annuelle des Services du Budget constitue un outil managérial essentiel pour la Direction générale du Budget. « L’AASB est pour nous une boussole qui permet d’évaluer objectivement, chaque année, le chemin parcouru et d’ajuster nos orientations stratégiques », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté que le choix du thème de cette quatrième édition traduit la volonté de la DGB d’approfondir sa contribution à la réussite de la décentralisation financière, en mettant en lumière les acquis, les défis et les perspectives d’amélioration de l’accompagnement des collectivités territoriales.
Les travaux de cette édition sont structurés autour de deux panels thématiques, comme l’a expliqué Akabi Daouda, chargé d’appui technique auprès de la Direction générale du Budget. Le premier panel est consacré au cadre juridique et institutionnel de la décentralisation budgétaire ainsi qu’aux rôles et responsabilités de la Direction générale du Budget. « Il s’agira d’identifier ce qu’il faut renforcer pour améliorer l’accompagnement des collectivités territoriales », a-t-il précisé.
Le second panel porte sur l’accompagnement budgétaire des collectivités territoriales, les acquis enregistrés et les perspectives, avec un focus particulier sur l’espace de l’Alliance des États du Sahel. « Nous voulons voir comment parvenir à une décentralisation plus cohérente et plus efficace dans l’espace AES », a-t-il ajouté.
Cette quatrième édition des Assemblées annuelles des Services du Budget a également été marquée par la remise d’attestations de reconnaissance aux agents admis à la retraite ainsi qu’à ceux toujours en service, en hommage à leur contribution au fonctionnement et au rayonnement de la Direction générale du Budget.
À l’issue des travaux, des recommandations sont attendues en vue d’améliorer les mécanismes de transfert, de gestion et de suivi des ressources locales, de renforcer l’accompagnement des collectivités territoriales et de consolider la décentralisation financière comme levier de développement local durable.
Estelle KONKOBO






