Au Burkina Faso, la Direction générale des douanes (DGD) a enregistré une forte hausse de la valeur des marchandises saisies au quatrième trimestre 2025. Selon le Bulletin statistique du quatrième trimestre 2025, les saisies ont atteint 6,39 milliards FCFA, contre seulement 641 millions FCFA un an plus tôt, soit une forte progression de 896,8%. Les moyens de transport, les boissons et le cyanure y occupent une place importante. Cette augmentation résulte des opérations renforcées de contrôle et de surveillance menées par les différentes directions régionales, en particulier aux postes frontaliers stratégiques.
Les autorités sont engagées dans une dynamique d’assainissement de l’environnement économique. Conformément à cette volonté politique, la Direction générale des douanes (DGD) a renforcé son dispositif de contrôles aux frontières et de lutte contre les trafics illicites, avec résultat une forte progression des opérations de saisies menées par à la fin de l’année 2025. Les données publiées dans le Bulletin statistique du quatrième trimestre 2025 font état d’une hausse marquée de la valeur des marchandises interceptées par les services douaniers, qui a atteint 6,39 milliards F CFA, contre 641 millions F CFA à la même période en 2024. Ce qui correspond à une augmentation d’environ 5,7 milliards F CFA en glissement annuel, soit un taux de 896,8%.
L’augmentation des opérations de contrôle s’observe également à travers le nombre d’interventions réalisées. Le nombre de saisies liées aux trafics illicites a plus que doublé, passant de 97 cas au quatrième trimestre 2024 à 210 cas au quatrième trimestre 2025.
Les motocycles, véhicules et produits alimentaires en tête
L’analyse des produits concernés par la fraude montre une concentration sur certaines catégories de marchandises. Selon le Bulletin statistique, les produits alimentaires représentent 20,5 % du nombre total de saisies, suivis des moyens de transport (12,4 %) notamment les motocycles et véhicules, et des boissons (11,0 %).
En termes de valeur financière, la hiérarchie des produits diffère légèrement. Les moyens de transport arrivent en tête avec 21,5 % de la valeur totale des saisies, suivis des produits alimentaires (17,5 %) et des médicaments prohibés (15,3 %).
En valeur absolue, les saisies de moyens de transport atteignent 1,37 milliard F CFA au 4e trimestre 2025, tandis que celles de produits alimentaires s’élèvent à 1,12 milliard F CFA. Les boissons représentent 633,8 millions F CFA, et le cyanure 176,8 millions FCFA.
Le document souligne par ailleurs une progression notable de certains produits sensibles. « En glissement trimestriel (…) la valeur estimative des saisies est en hausse de 70,5 %. Aussi, la valeur des saisies de cyanure est en hausse de 37,8 % », précise le document.
66,1 % de la valeur des saisies réalisés par la DST
L’analyse territoriale des opérations de lutte contre la fraude révèle également des disparités entre les différentes régions douanières. Selon le Bulletin statistique du 4e trimestre 2025, la Direction régionale Centre-Est est la plus active en termes de nombre de saisies, avec 31,9 % des interventions enregistrées au cours du trimestre.
En revanche, la Direction de la surveillance du territoire (DST) concentre la plus grande part de la valeur financière des saisies, avec 66,1 % du montant total, ce qui traduit l’importance des opérations menées par cette structure spécialisée dans la lutte contre la fraude. Sur l’ensemble de l’année 2025, certaines directions se distinguent également par l’intensité de leurs interventions. Selon les statistiques du bulletin, la direction régionale de l’Ouest apparaît comme la plus active avec une moyenne de 55 saisies par trimestre, suivie de la direction régionale Centre-Est (47 saisies) et de la direction régionale du Centre (34 saisies).
L’évolution de la valeur des saisies constitue un indicateur important de l’activité des services de contrôle. Comme le souligne le Bulletin, l’augmentation des marchandises saisies reflète à la fois l’intensification des opérations de surveillance et la persistance des trafics illicites dans les échanges commerciaux.
Ces résultats s’inscrivent dans la stratégie globale de la Direction générale des douanes visant à renforcer la sécurisation des frontières, à protéger les recettes fiscales de l’État, préserver la santé des populations et à assainir le climat des affaires.
Estelle KONKOBO






