L’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Burkina (APBEF-B), à travers sa Commission spécialisée « Engagements/Risques », a tenu la première « Journée des engagements », le samedi 25 octobre 2025, à Ouagadougou. Présidée par le Président de l’APBEF-B, Diakarya Ouattara, cette journée se veut un cadre d’échanges et de partage d’expériences entre directeurs des engagements des banques et établissements financiers, à l’effet de lutter efficacement contre les risques liés au crédit sur le marché bancaire national.
Le secteur bancaire burkinabè est plus que jamais engagé à jouer pleinement son rôle d’acteur de premier plan du financement de l’économie nationale. Pour se faire, il veut se donner les moyens de lutter contre les phénomènes qui entravent son élan, notamment, les risques liés au crédit, qui entachent l’efficacité de son apport financier aux agents économiques. Dans cet objectif, l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Burkina (APBEF-B), à travers sa Commission spécialisée « Engagements/Risques », a tenu une rencontre d’échanges et de partages d’expériences sur la gestion des risques liés au crédit dénommée "Journée des engagements", le samedi 25 octobre 2025, à Ouagadougou. L’ouverture des travaux a été présidée par le Président de l’APBEF-B, Diakarya Ouattara.
Première du genre, cette activité a réuni les directeurs des engagements (crédits) des banques et établissements financiers du Burkina Faso. Ils ont échangé et partagé leurs expériences en matière de risques crédits à travers trois panels. Le premier a porté sur « le rôle du Directeur des engagements dans l’application des dispositions règlementaire : Cas de la circulaire 04/2017 et de l’instruction 026-11-2016 ». Modéré par Alexis Yé, à travers un format interactif et participatif, les échanges sur le risque de crédit se sont organisés autour de "l’octroi, le renouvellement et la structuration du crédit", "la délégation de pouvoirs", "l’appréciation du risque de crédit", "la revue globale de portefeuille". Les "processus, systèmes, outils et données", "les créances en souffrance", "les provisions", "les transactions avec les parties liées", "les risques de concentration" étaient également au centre des discussions.
Pour ce qui est de l’instruction n° 026 - 11 - 2016 relative à la comptabilisation et à l'évaluation des engagements en souffrance, les directeurs des engagements se sont penchés sur les dispositions comptables relatives aux créances saines, créances en souffrance, créances irrécouvrables et aux engagements douteux.
« Contribuer à la résilience du pays »
Ils ont enfin passé en revue les règles relatives aux dépréciations et aux provisions sur engagements en souffrance. Les panels 2 et 3 ont porté respectivement sur « la qualité du portefeuille de crédit et retour d’expérience sur les missions COBA les 5 dernières années » et « le suivi des engagements des Grands Risques de Place et le partage d’information ».
En tant que fonction regroupant toutes les activités de la banque liées au crédit, les engagements occupent une place centrale dans le financement bancaire de l’économie nationale, a fait savoir le Président de la Commission spécialisée « Engagements/Risques » de l’APBEF-B, Franck Vodounnou-Medje. « Notre rôle primordial est le financement de l’économie. Nous avons donc l’obligation d’apporter aux agents économiques ce dont ils ont besoin pour développer leurs entreprises, faire des affaires, gagner de l’argent et contribuer à l’essor économique du Burkina Faso », a-t-il souligné. La commission « Engagements », a pour mission de travailler, de manière concertée, avec toutes les banques pour adresser les sujets liés aux crédits, afin d’avoir un secteur bancaire résilient et qui participe fortement au financement de l’économie du Burkina Faso, a-t-il fait savoir.
Et à travers l’organisation de cette journée, il s’agit de remobiliser les troupes, avec pour objectif de mieux financer l’économie nationale, de contribuer à la résilience du pays, souligné M. Vodounnou-Medje. « Toutes les fonctions engagements de toutes les banques du Burkina doivent s’assoir pour discuter, échanger et voir pourquoi nous n’arrivons pas à atteindre notre objectif. Il s’agit de partager nos expériences autour de ce qu’a prévu la règlementation, et voir comment financer l’économie afin qu’elle puisse être le porteur de la résilience du pays, tout en satisfaisant aux contraintes du régulateur, qui là pour surveiller les banques et veiller ce que l’économie se porte bien », a-t-il précisé. Ce cadre de partages d’expériences vise également à détecter les mauvais clients qui perturbent la sérénité du secteur bancaire et affectent son élan d’accompagner l’activité économie.
Sortir les brebis galeuses du système
« Malgré tous les dispositifs de suivi mis en place, y compris ceux de l’Etat, il y a des entreprises qui nous créent des difficultés. Ces brebis galeuses créent parfois des problèmes à plusieurs banques à la fois. Si nous nous ne parlons pas, nous n’allons pas pouvoir les détecter. Notre objectif aujourd’hui, c’est de les faire sortir du système. Ainsi, les fonds que utilisés pour financer ces brebis galeuses, nous pourrions les utiliser pour accompagner les bons clients, qui sont prêts à travailler avec nous », a-t-il souligné. Et aujourd’hui, a-t-il martelé, il n’est donc plus question de se cacher derrière les arguments commerciaux pour ne plus contrer ce type de clients véreux qui ne veulent pas rembourser les crédits !
Le Président Diakarya Ouattara, a félicité la Commission « Engagements » pour l’initiative et la tenue effective de ce forum d’échanges confraternel, qui s’inscrit dans la mission de l’APBEF-B : faire en sorte que le financement bancaire puisse continuer et impacter davantage l’économie nationale, surtout à un moment où le pays en a le plus besoin. Pour lui, cette rencontre offre l’opportunité d’échanger sur des préoccupations communes qui sont importantes pour le pays, pour le système bancaire national, et d’en trouver des solutions. « L’objectif est de partager les bonnes pratiques mises en œuvre de part et d’autre, car nous avons une même vision : le financement sain de l’économie nationale et la consolidation du positionnement du Burkina Faso sur l’échiquier régional », a souligné M. Ouattara.
Pour y arriver, il importe de s’attaquer au phénomène de la sinistralité que connait le secteur bancaire national. Et cela passe par le partage d’informations positives sur la qualité des clients, les comportements inacceptables. « Il importe de prendre des mesures idoines pour arrêter l’évolution du taux de dégradation de portefeuille. Et la première des solutions est de permettre aux experts de partager leurs expériences, d’échanger sur qui a permis à d’autres banques d’éviter certaines malices des clients », a-t-il insisté.
Changer de paradigme, ouvrir une nouvelle ère de collaboration
Pour plus d’efficacité, le Président de l’APBEF-B a appelé les directeurs des engagements à mettre en place des dispositifs de suivi de la vie des crédits, une plateforme d’échanges sur les clients de place. Car, pour lui, il faut faire en sorte qu’un client qui a causé du tort à une banque X ne puisse pas le faire à une banque Y, et cela pour le bien du secteur bancaire, de l’économie nationale, de tout le pays. « Il est important d’avoir cette façon de penser les choses, consistant à ne pas mettre au-devant la forte concurrence entre banques, qui n’apporte rien au secteur et qui ne fait que nous détruire. Il faut faire donc en sorte que les banques puissent connaitre les clients indélicats qui sont dans des cas de fraudes condamnables, organisent leur insolvabilité, afin donc de les blacklister », a-t-il préconisé. Car, avoir cet environnement sain a l’avantage d’éviter que les banques soient frileuses, et partant, de faire croire le financement bancaire de l’économie nationale, a-t-il conclu.
Cet appel à la collaboration semble bien reçu par les membres de la Commission « Engagements ». « Le Président de l’APBEF-B s’est déplacé personnellement pour venir nous exhorter à la solidarité. Nous avons entendu son message. Et aujourd’hui, nous nous sommes engagés formellement pour dire qu’il y a une nouvelle ère qui s’ouvre pour le secteur bancaire burkinabè : désormais, tous ceux qui travaillent dans le domaine du crédit forment une seule et même entité. Tous les collègues ici présents ont pris cet engagement de travailler la main dans la main », a confié Franck Vodounnou-Medje. Cette journée, a-t-il fait savoir, sera institutionnalisée, afin de permettre aux fonctions engagements d’avoir un cadre d’échange périodique autour des problématiques communes, et de continuer à financer le développement du Burkina.
La Rédaction






