L’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina (APBEF-B), en partenariat avec les artisans et transformateurs agroalimentaires, organise les 29 et 30 octobre 2025, à Ouagadougou, la 2e édition des Journées portes ouvertes (JPO) du secteur bancaire dénommées "Business Days", sous le thème : « Banques et acteurs économiques : mieux se comprendre pour une inclusion financière réussie ». Placée sous le Haut parrainage du ministre de l’Economie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, l’ouverture des présentes JPO a eu lieu ce mercredi 29 octobre 2025.
Les banques burkinabè veulent faire tomber les barrières de méfiance et d’incompréhension existant entre elles et les agents économiques, et qui impactent négativement la qualité de leurs relations d’affaires, de leur partenariat. Dans le but de rapprocher ces deux parties autour d’un dialogue fécond, pour un meilleur financement de l’économie nationale, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina (APBEF-B) a initié en 2024, les Journées portes ouvertes (JPO) du secteur bancaire dénommées "Business Days". Cette année, la 2e édition de ce rendez-vous entre banquiers et acteurs économiques se tient les 29 et 30 octobre 2025, à Ouagadougou, sous le thème : « Banques et acteurs économiques : mieux se comprendre pour une inclusion financière réussie ».
Selon le 3ᵉ vice-président de l’APBEF-B, Inoussa Boundaoné, à travers cette thématique, la profession bancaire réaffirme sa volonté d’être un acteur au service du développement économique et social du Burkina Faso. Les établissements de crédit, a-t-il expliqué, jouent un rôle important dans la vie économique, allant de la gestion des salaires, à la facilitation des transactions commerciales, en passant par le financement des investissements, la mobilisation de l’épargne et l’appui à la création d’entreprises.
Mais au-delà de l’offre de produits bancaires, la relation de confiance entre les banques et les entrepreneurs constitue un enjeu majeur. Et ces Business Days, a-t-il indiqué, ont été pensés pour établir ce lien de proximité et de confiance entre les établissements de crédit et les populations, afin de lever les incompréhensions, d’écouter les préoccupations et de créer un cadre d’échanges pour renforcer la connaissance mutuelle. Et cela passe par un cadre approprié d’échanges. « C’est par le dialogue et la transparence que nous pourrons bâtir une économie plus inclusive, plus forte et plus résiliente », a-t-il souligné.
Lever les goulots d’étranglement
Autrement dit, la compréhension du rôle et du fonctionnement des banques est un préalable essentiel à toute inclusion financière durable, à toute relation de partenariat mutuellement avantageux. La secrétaire générale de la Fédération nationale des industries agroalimentaires et de transformation du Burkina (FIAB), Amamatou Maïga, s’est réjouie de cette initiative de l’APBEF-B, qui, selon elle, ouvre la voie à un partenariat nouveau entre le monde bancaire et le monde productif. Si le secteur agroalimentaire constitue un pilier de l’économie nationale, générateur de valeur ajoutée et d’emplois pour les jeunes et les femmes, de nombreuses entreprises évoluant dans ce domaine se heurtent encore à des difficultés d’accès au financement ; elles ont pour noms : garanties trop élevées, taux d’intérêt importants, procédures longues et méconnues.
Face à ces obstacles, Mme Maïga a plaidé pour une transformation profonde des relations entre banques et entrepreneurs. Pour elle, il est temps de bâtir un partenariat fondé sur la confiance, la connaissance mutuelle et l’innovation financière. « Comprendre, c’est déjà commencer à se rapprocher. Et se rapprocher, c’est bâtir la confiance, condition indispensable à tout partenariat durable », a-t-elle soutenu. Tout en formulant le vœu que ces journées débouchent sur des discussions concrètes entre la FIAB, l’APBEF-B et les organisations professionnelles agricoles. Elle a également souhaité la signature prochaine d’une convention de partenariat qui faciliterait l’accès au financement pour les jeunes et les femmes entrepreneurs agricoles, à travers la création de produits financiers adaptés, de mécanismes de garantie allégés et d’un accompagnement technique renforcé.
Le crédit, avant tout une relation de confiance
La représentante du ministre de l’Économie et des Finances, Léa Zagré, a, pour sa part, salué le dynamisme du secteur bancaire burkinabè, comme en témoigne son total bilan qui est passé de 6 615 milliards F CFA à 9 430 milliards F CFA en cinq ans, soit une progression de plus de 42 %. Une performance qui, selon elle, traduit la vitalité des banques, mais appelle aussi à plus d’audace dans le financement des acteurs économiques. « Je lance un appel solennel à l’ensemble des banques et établissements financiers : osez davantage dans le financement de l’économie, ouvrez les portes du crédit aux petites entreprises, aux jeunes porteurs de projets, aux femmes entrepreneures et aux acteurs du monde rural », a-t-elle exhorté.
Tout en félicitant les établissements de crédits pour les résultats déjà engrangés sur le terrain, Mme Zagré les a donc invités à davantage simplifier leurs procédures, à innover dans l’offre de produits et à se positionner comme de véritables partenaires du progrès. Mais pas sans appeler aussi les acteurs économiques à jouer leur partition, en faisant preuve de rigueur et de transparence, car le crédit, avant d’être une opération financière, repose avant tout sur une relation de confiance mutuelle.
Ces journées portes ouvertes se veulent ainsi plus qu’un simple cadre institutionnel, mais une volonté commune de construire une finance accessible, humaine et porteuse d’espoir. Ces 48 heures, seront rythmées, entre autres, par des expositions des artisans, des banques et établissements financiers, des panels animés par des experts du secteur. En s’ouvrant aux acteurs économiques et en favorisant la proximité entre les banques et leurs clients, l’APBEF-B entend contribuer à une meilleure compréhension du système bancaire, à l’éducation financière et, in fine, à l’élargissement du taux de bancarisation.
Joëlle KONKOBO






