La Brigade mobile des Douanes de Tenkodogo a intercepté le 29 janvier 2026, une cargaison de 118 806 plaquettes de médicaments prohibés, lors d’un contrôle routier sur un axe de transit ordinaire. La valeur marchande de la saisie est estimée à plus de 40 millions de francs CFA.
L'administration douanière a annoncé la saisie, dans la zone de Tenkodogo le 29 janvier 2026, de médicaments prohibés comprenant notamment des antalgiques, antihistaminiques, sirops et des produits à usage sensible tels que Dyclosa 50, Gebedol Careidol, Diagole comprimé, chlorphéniramine maléate, carefer paracétamol BP 500 mg, Darigla (sildénafil citrate) et Super Komix sirop. Ces médicaments, estimés à plus de 40 millions FCFA, étaient destinés à être vendus aux populations en dehors de tout circuit réglementé, échappant aux contrôles de qualité et aux normes sanitaires en vigueur.
Au-delà de la valeur financière de la saisie, l’opération de la douane met en évidence un segment structuré de l’économie informelle, où les médicaments contrefaits ou prohibés circulent à grande échelle. Ces flux illégaux fragilisent les systèmes de santé, faussent la concurrence au détriment des pharmacies agréées et entraînent des pertes fiscales significatives pour l’État.
L’absence de traçabilité et de contrôle pharmaceutique expose les consommateurs à des risques élevés : inefficacité thérapeutique, effets indésirables graves, résistances médicamenteuses et, dans certains cas, des issues mortelles. Pour les autorités, chaque interception représente ainsi un double gain : protection de la santé publique et assainissement partiel du marché.
Pour le Directeur général des Douanes, l’inspecteur divisionnaire Yves Kafando, cette saisie intervient dans un contexte symbolique, alors que l’administration se prépare à célébrer, le 6 février prochain, la Journée internationale des Douanes 2026. Le thème retenu, « Une Douane qui protège la société par sa vigilance et son engagement », trouve ici une illustration concrète.
L’opération menée à Tenkodogo souligne le rôle stratégique des douanes dans la lutte contre les trafics à forte externalité négative. Elle confirme également l’évolution des missions douanières, désormais au carrefour de la sécurité, de la santé publique et de la régulation économique. Dans un environnement marqué par la sophistication croissante des réseaux de fraude, les autorités appellent à un renforcement de la coopération interservices et à une intensification des contrôles sur les corridors commerciaux.
À travers cette saisie, la Douane burkinabè rappelle que la lutte contre la fraude ne se mesure pas uniquement en montants interceptés, mais aussi en risques évités pour l’économie formelle et pour la population.
Estelle KONKOBO






