Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré deux centres de données (datacenters) modulaires, le 23 janvier 2025, à Ouagadougou. Cet investissement stratégique marque un tournant pour la protection des données nationales en vue de la réalisation de la souveraineté numérique, impulsée par la Révolution progressiste populaire.

La lutte pour la conquête de la souveraineté nationale, assumée par les autorités burkinabè, avance à grand pas dans le domaine du numérique. Le pays vient de franchir une étape importante, voire stratégique, dans cette quête d’indépendance, avec l’inauguration de deux datacenters modulaires d’une capacité de stockage de 3 000 téraoctets, par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ce vendredi 23 janvier 2026 à Ouagadougou.

Selon le directeur général de l’Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC), Oumarou Sanou, ces infrastructures numériques présentent les caractéristiques techniques suivantes : une puissance de calcul de 28 800 CPU, une mémoire vive (RAM) de 105 600 gigaoctets, une capacité de déployer plus de 7 000 machines virtuelles, permettant d'offrir 100 à 300 serveurs virtuels à chaque ministère. Une avancée technologique majeure, a-t-il souligné, qui décuple les capacités de stockage du pays par rapport aux installations datant de 2015.

Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a ordonné le rapatriement de toutes les plateformes et données numériques de l'administration publique actuellement hébergées dans des centres de données privés et hors du territoire national.

Ce saut qualitatif positionne le Burkina Faso dans le Top 3 régional en termes d'infrastructures capables de supporter une charge de virtualisation massive. A titre de comparaison, le Sénégal dispose de capacités comprises entre 3000 et 5000 machines virtuelles, la Côte d’Ivoire entre 4000 et 6000, tandis que le Mali, le Niger, le Bénin et le Togo sont en deçà de 4000.

Le système est entreposé sur des sites distants d’environ 100 km pour garantir la continuité de service en cas d'incident climatique ou énergétique. Chaque site est équipé de groupes électrogènes de 250 KVA, de cuves de carburant et d’onduleurs de 60 KVA permettant une autonomie de 5 à 10 jours sans interruption.

Un investissement rentable, une économie de 35 à 85 milliards F CFA

Sur le plan financier, le gouvernement a mobilisé environ 16 milliards F CFA pour la réalisation de ces infrastructures numériques. Si ce montant est significatif en plus des coûts d’exploitation évalués autour de 550 millions sur trois ans, l'analyse comparative avec la situation d'un hébergement à l'étranger démontre une stratégie de maîtrise budgétaire rigoureuse, a fait savoir le DG Oumarou Sanou.

La ministre en charge de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabané, a insisté sur l’importance de ne pas dépendre de l’extérieur pour le stockage des données stratégiques.

 

À plus long terme, l'exploitation de ces centres de données en interne permettra à l'État burkinabè d'économiser 35 milliards F CFA sur 5 ans et jusqu'à 85 milliards de FCFA sur 10 ans.

Cette inauguration favorise la réalisation de l’objectif « zéro donnée à l'extérieur » qui constitue le chantier numéro 2 de la transformation digitale. « A cet effet, j’ai donné des instructions claires pour le rapatriement de toutes les plateformes et données numériques de l'administration publique actuellement hébergées dans des centres de données privés, et plus encore, celles hébergées en dehors du territoire national », a confié le Premier ministre.

L’inauguration des deux datacenters a mobilisé le haut sommet de l’exécutif burkinabè, signe du caractère stratégique de l’infrastructure dans la gouvernance publique.

 

Cette orientation relève de l'intérêt supérieur de la nation, car, souligne le Chef de l’exécutif, l'enjeu dépasse la simple technique ; il s'agit de protéger les informations sensibles (état civil, santé, finances publiques ...) contre l'espionnage et de garantir que ces données restent soumises exclusivement au droit burkinabè.

Mais l’ambition du Burkina Faso est bien plus grande, a souligné Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Le pays est déjà tourné vers la construction, à l'horizon 2028, d'un datacenter national de niveau tiers III, encore plus performant, qui sera ouvert au secteur privé et aux ONG pour soutenir l'ensemble de l'écosystème numérique national.

Mouni N’GOLO

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