La Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) a tenu une table ronde sous le thème : « Vulgarisation de l’information économique et financement des projets miniers et énergétiques », le mardi 27 janvier 2026 à Ouagadougou. La rencontre a réuni acteurs publics, opérateurs économiques, experts et partenaires financiers autour des défis et enjeux de la mobilisation des investissements nationaux dans ces secteurs stratégiques.
Quatrième pays producteur d’or en Afrique, derrière le Ghana, le Mali et l’Afrique du Sud, les secteurs des mines et de l’énergie jouent un grand rôle dans l’économie burkinabè. Ils représentent environ 20% du Produit intérieur brut (PIB), 80% des recettes d’exportation et 20% des ressources du budget de l’Etat. Malgré cette place stratégique, « depuis le boom minier des années 2000, l’exploitation minière au Burkina Faso, au regard de sa spécificité, est restée longtemps l’apanage des investisseurs étrangers, avec des impacts socio-économiques qui sont demeurés relativement faibles ».
La Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) veut jouer sa partition pour inverser la tendance. Dans cet élan, elle a tenu une table ronde sous le thème : « Vulgarisation de l’information économique et financement des projets miniers et énergétiques », le mardi 27 janvier 2026 à Ouagadougou.
Présidée par le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, et parrainée par le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, la rencontre a connu la participation d’acteurs publics, d’opérateurs économiques, d’investisseurs nationaux, d’experts et d’institutions financières.
« Contribuer à la structuration de projets bancables »
Pour le Président de la Délégation Spéciale Consulaire de la CCI-BF, Roland Achille Sow, le secteur privé burkinabè ne peut se permettre le luxe de se mettre en marge des investissements structurants dans les secteurs miniers et énergétiques, véritables piliers de la transformation structurelle de l’économie nationale. C’est pourquoi, a-t-il souligné, cette table ronde, se veut un cadre de concertation stratégique visant à rendre plus accessible l’information économique, à renforcer l’implication du secteur privé national et à identifier des mécanismes de financement adaptés aux projets structurants des domaines des mines, de l’énergie et des carrières.
Le président de la Délégation spéciale consulaire de la CCI-BF, Roland Achille Sow : « cette table ronde vise à rendre l’information économique plus accessible aux porteurs de projets et aux investisseurs nationaux ».
Si les opérateurs économiques, disposent de l’expertise, de l’expérience du terrain et d’une volonté résolue d’investir dans ces secteurs stratégiques, le principal frein à leur appropriation des chaines de valeurs de l’exploitation minière et de la production énergétique reste le levier financier. « A travers cette initiative, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso réaffirme son ambition de contribuer activement à la structuration de projets bancables, à la mobilisation des financements et au suivi rigoureux des engagements qui seront pris à l’issue de cette rencontre », a confié le président Sow.
Dynamique de réappropriation des ressources minières
Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat Serge Gnaniodem Poda, a souligné la portée stratégique de cette initiative, première du genre. Pour lui, elle s’inscrit dans la dynamique nationale de réappropriation des ressources minières et de consolidation de la souveraineté énergétique du Burkina Faso, conformément à la vision portée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. « En faisant de la promotion du contenu local un axe majeur de sa politique minière, le Gouvernement du Burkina Faso a fait le choix de créer un levier stratégique pour bâtir une économie plus résiliente, inclusive et moins dépendante, en impliquant davantage les acteurs nationaux dans la chaine de valeur », a-t-il fait savoir.
Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba : « les investisseurs burkinabè doivent occuper une place centrale dans la promotion du contenu local ».
C’est pourquoi, il a appelé le monde des affaires à faire preuve de patriotisme économique, en saisissant toutes les opportunités qu’offrent les secteurs de l’énergie et des mines. Pour le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, l’adoption en 2024 du Code minier et de la loi sur le contenu local traduit la ferme volonté de l’exécutif de créer un environnement favorable pour repositionner l’investisseur burkinabè au cœur de l’exploitation minière.
Plus de 600 milliards F CFA d’investissements attendus
« L’exclusivité accordée aux nationaux pour l’exploitation semi-mécanisée de l’or, l’exploitation industrielle des substances de carrières, l’ouverture du capital aux investisseurs privés, la simplification des formalités administratives, et des facilités fiscales et douanières en phase de recherche contribuent à accroitre la compétitivité des investisseurs nationaux », a-t-il précisé.
Investisseurs, experts, partenaires financiers et décideurs ont échangé autour des mécanismes innovants de financement des projets miniers et énergétiques, dans un esprit de partenariat public-privé.
Dans le domaine de l’énergie, il a décliné l’ambition de son département qui est de porter le taux d’électrification rurale de 10,2 % en 2024 à 50 % d’ici 2028 ; un objectif qui va nécessiter plus de 600 milliards F CFA d’investissements sur la période. Face aux défis sécuritaires et aux chantiers de développement engagés, le ministre Gouba a appelé à des partenariats solides, fondés sur la confiance entre les secteurs public et privé. Il s’est engagé, en tant que parrain, à soutenir les initiatives issues de cette table ronde et à encourager une dynamique d’investissement patriotique au service d’un développement durable.
Estelle KONKOBO






