Le journal de 20 heures de la RTB (Radiodiffusion Télévision du Burkina) du dimanche 1er février 2026 a mis en lumière des pratiques de corruption qui minent l’administration publique burkinabè. À travers les objectifs de sa « caméra invisible », le KORAG, structure centrale dans la lutte contre les dysfonctionnements dans les services publics, a exposé des scènes de flagrant délit de corruption impliquant des agents publics de santé, de services domaniaux et de police.

Des scènes d’une rare curiosité diffusées au 20 heures de la Télévision publique burkinabè, puis largement relayée sur les réseaux sociaux, mettant en scène des agents publics en situation compromettante, remettent sur la table le problème endémique de la corruption au sein des agents publics, rebaptisés « Serviteurs du peuple » à la faveur du dernier remaniement ministériel.

Les preuves, à travers les images vidéos en caméra cachée collectées par le KORAG, illustrent un système de chantage sophistiqué, institutionnalisant pratiquement le racket dans certains services publics ; comme c’est le cas de la vidéo concerne un agent de santé, un travailleur des services domaniaux et un agent de police municipale, tous en pleine situation de corruption, en train d’empocher leur butin.

Ce cliché de la vidéo montre un policier en train de recevoir de l'argent d'un usager pris en infraction.

 

Un médecin a été filmé pendant qu’il recevait 210 000 F CFA de façon illicite pour une intervention, alors que le patient s'était déjà acquitté des 20 000 francs CFA réglementaires à la caisse. « Sans ce paiement occulte, aucune programmation opératoire n'était possible, laissant le patient dans une détresse absolue », indique le commentaire.

Dans le secteur des services domaniaux, le commentaire de la télévision nationale expose des situations de dossiers délibérément déclarés « perdus » ou « classés sans suite » pour forcer l'usager à proposer un pot-de-vin. Une fois l'argent versé, les documents sont retrouvés et signés comme par « enchantement ».

Du côté de la Police municipale, c’est un modus operandi bien rodé qui est expliqué dans l’élément vidéo diffusé sur la RTB : « après avoir notifié une contravention, l'agent engage un marchandage de chiffonnier avec l'usager. Les règlements se font par des tours de passe-passe, les billets étant dissimulés dans les documents, ou de manière plus moderne, via des dépôts électroniques pour plus de discrétion ».

Le récent sondage du Réseau national de lutte anticorruption (RENLAC) avait d’ailleurs placé la police municipale en tête des administrations les plus corrompues.

Vers une politique de "Tolérance Zéro"

Vu l’impact économique indéniablement désastreux de ces comportements pour le Trésor public, les autorités ont durci le ton. Les agents pris en flagrant délit ne bénéficieront d'aucune seconde chance. Des procédures de radiation ou de licenciement sont déjà engagées pour sceller le sort des indélicats. Le KORAG annonce également l’intensification de sa traque, avertissant que la « caméra est allumée » en permanence pour assainir la fonction publique.

Ici un agent de santé en train recevoir l'argent d'un patient avant d'être pris en charge.

 

Cette offensive médiatique et judiciaire marque un tournant dans l’élan des autorités burkinabè contre la gangrène de la corruption. Elle intervient alors que le pays a adopté son nouveau référentiel de développement dénommé Relance élaboré pour construire une croissance économique solide et inclusive. Une administration débarrassée de ses réflexes de prédation pour devenir un véritable levier de développement sera forcément un atout dans la mise en œuvre de cet outil stratégique.

Mouni N'GOLO

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