14e Conférence annuelle de la DGI : « une administration fiscale sans archives fiables et accessibles en temps réel prend des risques majeurs », dixit Fatoumata Bako, Ministre déléguée chargée du Budget
La Direction générale des impôts (DGI) a organisé sa 14e Conférence annuelle les 26 et 27 novembre 2025, à Ouagadougou, sous le thème : « Modernisation de l’archivage documentaire au service de la performance de la DGI : enjeux et perspectives ».
« À l’horizon 2027, la DGI est une administration fiscale de services, moderne, performante et résiliente ». Telle est la vision du fisc burkinabè, consigné dans son plan stratégique 2023-2027. La Direction générale des impôts est convaincue qu’elle ne peut matérialiser cette vision sans un système d’archivage à la hauteur de ses ambitions. Dans le but de dégager les voies et moyens pour bâtir un système de gestion documentaire moderne au service de sa performante, elle a fait le choix de consacrer sa 14e conférence annuelle, tenue les 26 et 27 novembre 2025, à Ouagadougou, à ce pan essentiel de la gouvernance administrative, à travers le thème : « Modernisation de l’archivage documentaire au service de la performance de la DGI : enjeux et perspectives ».
Selon la Directrice générale des impôts, Eliane T. Djiguemdé, la qualité des réformes majeures engagées par son institution en matière de digitalisation de ses services est fortement tributaire de la qualité de son système d’archivage. « En effet, nous ne pourrons pas devenir l’administration moderne, efficace et résiliente que nous voulons être d’ici 2027 sans une gestion rigoureuse, professionnelle et entièrement repensée de nos archives, physiques comme électroniques. C’est tout l’enjeu de cette conférence », a-t-elle confié.
Car, à l’ère de la révolution technologique où le numérique impacte profondément la gestion des services publics, touche le cœur des méthodes de travail et la culture administrative, la question de la numérisation de la gestion archivistique n’est plus une option, mais un impératif stratégique, car elle conditionne la performance de la gouvernance.
Un levier majeur de compétitivité, de performance institutionnelle
« La modernisation de l’archivage documentaire constitue un levier stratégique pour une gestion rationnelle de nos processus, une transparence accrue et une efficacité renforcée. Elle est une opportunité unique de réduire les délais de traitement, de prévenir la corruption et l’usage du faux, et de garantir à nos usagers/clients, un service plus fiable, plus rapide et véritablement accessible à tous », a souligné Mme T. Djiguemdé.
Pour elle, la DGI ne peut donc se payer le luxe de reléguer en second plan la problématique de la transformation structurelle de la gestion de ses archives, pilier de sa mémoire, surtout à une période où les exigences en matière de redevabilité et gouvernance publique axée sur les résultats sont prégnantes. « Dans notre contexte, où les enjeux de transparence, de traçabilité et de sécurité des données sont de plus en plus élevés, une archive perdue n’est pas seulement un document égaré : c’est un risque, une perte de crédibilité, un contentieux potentiel, et très souvent, un manque à gagner réel pour l’État », a argumenté la directrice générale des impôts.
Dans la même veine, tout en saluant les réformes entreprises par la DGI et la pertinence de la thématique de cette 14e conférence, la Ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako, a indiqué que dans un environnement marqué par la transformation numérique, la quête de transparence et l’impératif de rapprocher l’administration des citoyens, la gestion documentaire constitue un levier majeur de compétitivité, de gouvernance et de performance institutionnelle.
Définir une feuille de route triennale
« L’avenir de la DGI, et donc celui de la mobilisation optimale des ressources intérieures, dépend largement de la manière dont elle protège, classe, sécurise et valorise sa mémoire administrative. Une administration fiscale sans archives fiables et accessibles en temps réel prend des risques majeurs. Une administration dotée d’un système documentaire moderne s’ouvre, au contraire, à une performance durable », a-t-elle souligné.
Durant ces 48 heures, les participants à la 14e conférence de la DGI, ont mené les réflexions sur la problématique et enjeux de l’archivage documentaire à la DGI, et la digitalisation des archives, comme levier de sécurisation de l’information et de performance de l’administration fiscale.
Elle s’est réjouie de l’option prise par la DGI et qui est en phase avec l’orientation du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à savoir assurer une digitalisation intégrale des processus administratifs au service de la transparence, de l’efficacité, et de la souveraineté informationnelle. « Chers collaborateurs, vous êtes les gardiens d’un patrimoine immatériel précieux : la mémoire fiscale de notre pays. Chaque dossier bien classé est un acte de patriotisme administratif. Chaque fichier bien protégé est une pierre posée à l’édifice d’un État maître de ses outils et serein dans son action. La réforme que vous portez est non seulement ambitieuse, mais aussi nécessaire, incontournable et irréversible », a lancé la Ministre Bako aux agents du fisc.
Et au regard des enjeux liés à l’archivage, elle a appelé les participants à cette conférence à établir un diagnostic clair et sans complaisance, identifier les pratiques à corriger, proposer des mesures applicables à tous les services, et à définir une feuille de route triennale pour la modernisation de la chaîne documentaire et un cadre institutionnel robuste pour une gestion professionnelle des archives.
La Rédaction






