Le Conseil d’administration du Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement global de 116,8 millions de dollars, soit environ 65 milliards F CFA, en faveur du Burkina Faso pour la mise en œuvre de la phase 2 du Projet d’urgence pour le renforcement de la production agricole, destiné à accroître durablement la production céréalière à travers la distribution d’intrants améliorés, le renforcement des infrastructures de stockage et l’appui aux réformes sectorielles.

Dans un environnement de défis sécuritaires, de variabilité climatique accrue au Sahel, la Banque africaine de développement (BAD) réaffirme son alignement sur les politiques nationales de développement, en l’occurrence l’offensive agro-pastorale et halieutique, à travers un nouvel engagement orienté vers la consolidation des acquis en matière de productivité agricole.

 D’un montant global de 116,8 millions de dollars, soit environ 65 milliards F CFA, l’accord de financement de la BAD se compose d’un prêt concessionnel de 67,5 millions de dollars (37 milliards F CFA) et d’un don de 12,1 millions de dollars (6,7 milliards F CFA) du Fonds africain de développement. A cela s’ajoute un prêt concessionnel de 37,2 millions de dollars, soit environ 20 milliards F CFA, octroyé par la Facilité d’appui aux pays en transition. La contribution nationale s’élève à 7,2 millions de dollars, traduisant un cofinancement destiné à renforcer l’appropriation institutionnelle du programme.

Après une phase 1 ayant permis au pays de franchir pour la première fois le seuil historique des six millions de tonnes de production agricole, la seconde phase vise à accélérer la trajectoire vers l’autosuffisance d’ici 2030, en renforçant la productivité et la résilience des systèmes agricoles.

720 000 bénéficiaires

Cette phase 2 va donc permettre d’assurer la distribution de 11 096 tonnes de semences améliorées et résilientes au climat ainsi que 120 415 tonnes d’engrais. L’accent est mis sur les femmes, les jeunes et les populations déplacées, dans une logique d’inclusion sociale et de stabilisation économique.

Ce financement va également à construire quatre entrepôts d’une capacité unitaire de 15 000 tonnes, cinq magasins de stockage de 500 tonnes chacun et à acquérir 30 camions spécialisés pour optimiser la logistique et réduire les pertes post-récolte. Cette composante infrastructurelle vise à consolider la chaîne de valeur céréalière et à sécuriser l’écoulement des productions.

Quant aux cibles de production, elles sont fixées pour cette phase à 712 500 tonnes de riz et 951 391 tonnes de maïs, ainsi qu’une augmentation substantielle des légumineuses riches en protéines. Le programme devrait générer environ 1 000 emplois, dont la moitié au profit des jeunes ; il va bénéficier directement à 720 000 personnes, avec une proportion minimale de 50 % de femmes et de jeunes.

Les retombées indirectes concerneraient près de 3,7 millions de personnes. Au-delà des volumes, l’enjeu réside dans la consolidation d’une agriculture climato-intelligente, reposant sur des variétés résistantes à la sécheresse et sur l’amélioration des pratiques culturales face à l’irrégularité pluviométrique croissante.

Levier pour réduire la dépendance aux importations

Le projet entend également parachever les réformes engagées lors de la première phase concernant le cadre juridique et institutionnel des secteurs des semences et des engrais, afin d’assurer un approvisionnement durable en intrants de qualité. Il s’inscrit dans les priorités nationales, notamment l’offensive agro-pastorale et halieutique, pilier de la stratégie de développement agricole du Burkina Faso.

À l’échelle macroéconomique, cette opération constitue un levier stratégique pour réduire la dépendance aux importations céréalières, stabiliser les prix intérieurs et renforcer la résilience alimentaire dans un environnement sahélien marqué par l’instabilité climatique et sécuritaire. Cet appui financier privilégie des instruments concessionnels adaptés au contexte macroéconomique du pays, tout en assurant une capacité d’investissement suffisante pour amplifier l’impact productif observé lors de la première phase, qui a produit des résultats tangibles.

Des résultats initiaux aux effets transformateurs

En effet, lancée en juillet 2023, cette phase 1 a bénéficié à plus de 275 000 agriculteurs à travers la distribution de semences améliorées et d’engrais. Les gains de productivité enregistrés ont été significatifs, avec une hausse des rendements du riz de 224 %, du maïs de 165 %, du niébé de 91 % et du sorgho de 33 %. Pour la campagne 2024-2025, la production céréalière nationale a atteint 6,1 millions de tonnes, soit une progression de 18 % par rapport à l’exercice précédent.

Selon le responsable pays de la Banque pour le Burkina Faso, Daniel Ndoye, ces performances démontrent l’efficacité d’un investissement ciblé dans l’agriculture, en particulier en faveur des femmes et des jeunes. « Ce projet est une réalisation majeure qui témoigne de la capacité de l'investissement stratégique dans l'agriculture à transformer des vies et construire des systèmes alimentaires résilients. La phase 1 nous a montré que lorsque les agriculteurs, en particulier les femmes et les jeunes, ont accès à des intrants de qualité, ils renforcent la sécurité alimentaire nationale. La phase 2 consolidera ces acquis et les étendra à de nouvelles communautés à travers le Burkina Faso. », a-t-il souligné.

Estelle KONKOBO

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