4e Salon national du miel : renforcer le positionnement stratégique de la filière apicole
La 4e édition du Salon national du miel (SANAM) a ouvert ses portes le vendredi 12 décembre 2025, à Ouagadougou sous le thème : « Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 au Burkina Faso : quelle contribution de la filière apicole à l’atteinte des objectifs ? ».
Une conférence inaugurale, consacrée au rôle économique de l’apiculture dans les chaînes de valeur rurales a donné le ton d’un rendez-vous pensé pour professionnaliser les acteurs et stimuler les investissements. En effet, sous le patronage du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, le 4e Salon national du miel (SANAM) a ouvert ses portes, vendredi 12 décembre 2025 à Ouagadougou, autour du thème : « Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 au Burkina Faso : quelle contribution de la filière apicole à l’atteinte des objectifs ? ». Prévu pour se tenir sur trois jours, expositions-ventes de miel et produits dérivés, des panels thématiques, des rencontres B2B entre acteurs de la filière et acheteurs vont meubler ce SANAM 2025.
Cette édition enregistre une trentaine de stands où sont exposés du miel multi floral et mono floral, de la cire, de la propolis, du pollen, des produits dérivés ainsi que du matériel de transformation et de stockage. Le président de l’Interprofession Miel du Burkina Faso, Désiré Yaméogo, s’est réjoui de la reprise du SANAM après deux années d’interruption, et cela grâce à l’appui de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) et au leadership du ministère en charge du Commerce. Le thème de la présente édition, a-t-il indiqué, met en évidence l’interdépendance entre l’agriculture et l’apiculture, essentielle pour faire de la sécurité alimentaire une réalité au Burkina Faso.
Faible prise en compte dans les politiques publiques
Et la synergie d’action entre les deux départements ministériels constitue un levier important pour transformer la filière miel en outil de développement économique et social. M. Yaméogo a rappelé le rôle central des abeilles qui va au-delà de la simple production du miel. « Les pollinisateurs jouent un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité et la reproduction des espèces végétales, aussi bien sauvages que cultivées », a-t-il souligné.
Malheureusement leur impact économique dans la production agricole reste encore insuffisamment valorisé dans les politiques agronomiques. Le secrétaire général du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Alassane Ouédraogo, représentant le ministre, a souligné la progression que connait la filière apicole au Burkina Faso. En effet, avec plus de 16 000 apiculteurs, la production nationale de miel est passée d’environ 500 tonnes en 2017 à plus de 1 300 tonnes en 2023, générant plus de 3 milliards F CFA pour l’économie nationale. Ces performances, a-t-il indiqué, qui classent l’apiculture parmi les dix filières porteuses du pays, sont le fruit des efforts conjoints des acteurs de la filière et de l’État. Il s’agit notamment de la mise en place de référentiels techniques, de l’adoption de normes sur le miel et ses dérivés, l’instauration de règlements techniques, ainsi que la mise en œuvre de mécanismes de contrôle de la qualité.
Valoriser l’image et l’attractivité du miel burkinabè
Fort de ces acquis, le pays des Hommes intègres a, depuis 2023, adhéré à APIMONDIA (Fédération internationale des associations d’apiculteurs), renforçant ainsi sa présence dans les instances internationales de l’apiculture. « Au-delà de son importance économique, le SANAM contribue à renforcer l’image et l’attractivité du miel burkinabè sur les marchés régionaux et internationaux », a déclaré M. Ouédraogo. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt, car au niveau national, la filière fait face à plusieurs défis. Ils ont pour noms faible accès au financement bancaire, niveau encore limité de transformation locale et insuffisance de débouchés structurés.
A cela s’ajoute les menaces qui pèsent sur la population d’abeille, et partant sur la l’activité apicole. Pour y remédier, les acteurs, avec l’appui du ministère en charge de l’Agriculture, travaillent à la mise en place de programmes d’élevage de reines, afin de renforcer durablement le cheptel apicole et assurer la pérennité de l’activité, a fait savoir le président de l’Interprofession miel. Il urge également d’œuvrer à préparer la relève, en misant sur la jeunesse, la sensibilisation dès le milieu scolaire, afin d’assurer la continuité et la modernisation de la filière apicole. En tout état de cause, les acteurs restent engagés à mettre en œuvre les orientations gouvernementales pour la promotion de la filière.
Porter la production nationale à environ 2 500 tonnes
Le président de la délégation spéciale consulaire de la CCI-BF, Achille Roland Sow, a salué la mobilisation des acteurs et partenaires autour de cette 4e édition du SANAM, qu’il a qualifiée de cadre stratégique de promotion des filières porteuses de l’économie nationale.
Pour le président de la délégation spéciale consulaire de la CCI-BF, Achille Roland Sow, le SANAM est une tribune stratégique de valorisation du miel burkinabè.
Selon lui, après trois éditions couronnées de succès, le Salon est devenu une tribune incontournable de réflexion et de concertation sur les défis du développement de la filière apicole. Et cette édition, a-t-il poursuivi, s’inscrit dans la continuité des précédentes, avec un accent particulier mis sur la prise en compte des recommandations antérieures. « Il s’agit de renforcer le positionnement stratégique de la filière apicole dans le processus de développement économique et social du Burkina Faso », a-t-il indiqué.
Tout e restant aligner sur les orientations nationales de valorisation des produits locaux et de souveraineté économique, l’ambition est de porter la production nationale à environ 2 500 tonnes à la prochaine édition du SANAM, au regard de la dynamique actuelle du secteur. La cérémonie d’ouverture a également été marquée par des remises de distinctions. Le prix du meilleur producteur de miel de l’année est revenu à Karim Ouattara, de la Coopérative apicole Yuiri Nafa, dont la capacité de production est estimée à 16 tonnes par an.
La Rédaction






